01.05.2008

Les 7 voyages de Ma He alias Zheng alias San Bao qui signifie « Trois Trésors »

nemo au bord du lit je suis un personnage de bande dessinée.
je tourne le dos au monde qui s'effondre derrière moi en ruines et en charniers
je vois les Jardins de Babylone chantés par henri salvadore, la gigantesque flotte de navires de Zheng He cinglant vers la mer du Bengale
et la place Stanislas dans sa géométrie parfaite.
puis je marche sur les pavés de Nancy vers la mer une tempête de mer voûtée sous ses grands chevaux dorés. La mer a ses couleurs blafardes, les couleurs qui soulèvent les chalutiers et les précipitent sous les gouffres,
les couleurs vertes des algues qui se fanent. Je quitte la place pour ne pas sombrer ophélie océanique et je me fige.
Je me fige et concentre ma pensée le long d'un filin de tungstène qui ne cesse de vibrer, je laisse la lumière naître de mon corps noir jusqu' à m'évaporer et me perdre dans les airs au-delà de mes yeux, simple souvenir de souffle

ou bien

j'immobilise mes pensées et capte la foudre et la terreur jusqu'à ce que la foudre et la terreur me traversent et s'enfoncent brutales sous mes pieds pour à travers les réseaux souterrains se disperser anguilles invisibles et affolées

ou bien

je laisse mon corps aux mains d'un vieux médecin chinois et je vagabonde pendant qu'il réveille les flux amérindiens ensommeillés sous la tortue

ou bien

je prépare le thé vert selon les trois étapes que franck m'a conseillées. Je ne suis pas certaine de les maîtriser encore.

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Guilers 24 avril 2008

20.02.2007

La captive de Boukharie

Le temps fait oublier les douleurs, éteint les vengeances, apaise la colère et étouffe la haine ; alors le passé est comme s'il n'eût jamais existé.
Avicenne (Ibn Sinâ) 980-1037





Sur la route de Samarkand, autrefois
Se vendaient de la soie, des tissus, des couleurs.
A Boukhara, les oiseaux-de-feu dessinés sur les murs
Couvaient sous leurs ailes d'étranges mammifères.
Tout ici portait à la danse, aux chants et aux folles prières.
Seule, une femme, à genoux sur le sable
Retenait sa voix captive d'un talisman ;
on la croisait parfois aux heures déraisonnables
murmurant un nom qu'elle dédiait aux amants.



Il n'y eut guère de miracle
Ni à Samarkand, œil du monde ni ailleurs.
Les arcanes, les astres, les oracles
Avaient promis de l'amour -- et des fleursmedium_Image13.jpg
Cependant nul oiseau-tambour ne vint livrer
Message des pierres bleues de Badakan.
Nul cavalier de l'ombre ne vint enivrer
La captive de Boukharie, Ouzbékistan…



Les princes qui passaient n'entendaient qu'un murmure
Et lui jetaient la pièce comme on lance une injure.
A ton tour homme gris tu frôlas cette femme ;
Et dans ses yeux ne vis pas, s'émerveiller la flamme.
Elle mourut alors d'avoir si bien rêvé
De nirvâna, d'amour bohème et ténébreux.
Elle rouvrit les paumes et baissa les paupières
Deux pierres bleues sur le sable roulèrent ;
Soudainement on vit deux oiseaux s'élever
Leur chant ce fut un nom, le tien, mystérieux



Guilers 26/03/2001