14.01.2009
stockholm
je suis l'otage de mes pensées – fouillis de dix mille chauve-souris captives de mon crâne
parfois mes pensées se séparent de moi et nous sommes les unes et l'autre orphelines de chacune
elles, elles errent à des hauteurs que je ne peux imaginer et moi, je marche, corps écervelé
je cherche alors à tous vents le vol de mes pensées, j'ouvre mon crâne afin qu'elles y reviennent nicher ; est-ce un tort ?
elles se posent à nouveau en moi, affamées, éblouies, fatiguées de leurs voyages vers des pays plus chauds et bavardes oh ! bavardes !
je nourris pour mes pensées le syndrome de stockholm ; je les épouse ; je me découvre complice de leurs revendications ; mais contre quoi voudraient-elles m'échanger ? quel hélicoptère puis-je leur fournir ? quel passeport ? et pour quels paradis ?
où iraient-elles se cacher pour oublier qu'elles m'ont échangée contre une bouteille de rhum blanc et une plage de la mer des caraïbes ?
c'est pourquoi mes pensées, inlassables, reviennent agacer mon corps et blesser mon âme – fouillis de chauve-souris aux mémoires de frégates et d'élégantes
mes pensées et moi sommes sœurs siamoises, otages réciproques ; orphelines quand elles prennent le large, innocentées par nos séparations et inlassablement à la recherche les unes de l'autre
en piaillant sous les nuages : elles au-dessus de l'horizon antillais, moi, les pieds dans les sillons
02-11/01/2009
16:58 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : syndrôme de Stockholm, pensées









