12.07.2007
PORTRAITS-AUTOPORTRAITS SAUVAGES (Série) / Première parenthèse
On peut vivre en état d’absolue ignorance et à vue, balle de cirque sur le museau de l’otarie, dansante au haut du jet d’eau. Un amour porté par lui-même, ça rebondit et virevolte par attouchements d’eau et de rondeurs, ça vit de soi-même, ça tourne autour de soi, ça jubile de soi…
Si le jet d’eau brusquement est coupé ou lentement s’éteint, se meurt, s’étiole, la balle rebondit à terre et dégringole la rue le trottoir le caniveau pour tourbillonner tout en bas de la rue jusqu’au recoin, celui-là où les chiens lèvent la patte où les hommes urinent comme si réservé fétide le coin réservoir de tant de queues, c’était plus sain en cachette, d’empester un seul endroit par égards, au lieu d’ épanouir l’urine aux quatre vents des rues, pollen insaisissable. Au lieu de quoi on réserve à sa queue un recoin comme pour la balle égarée, où déverser son trop-plein, confessionnal des rues, où tant d’autres avant soi et après soi, quasiment honteux de l’envie et de l’odeur concentrée là comme pour un reniflement de la chien à la chienne. Mais les animaux éparpillent leurs appels, signes de piste en plein air, ululements à ciel ouvert, dégageant des pissotières les odeurs où renfermées, exaspérées elles sont d’elles-mêmes écœurées.
17:03 Publié dans Ecrits et Expérimentation , Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rues, amour







