03.09.2007

Les univers

Je te montre les univers

Je te montre le mot secret que j’écris sur le sable
Avec un bâton, un bout d’ardoise, un bout de verre
Trouvés sur le sable
Les jambes écartées je suis assise
Sur le sable.
De la gauche vers la droite
Je lisse le sable humide du tranchant de ma main
Et j’écris avec ce que je trouve j’écris ce que je trouve
Le mot secret
Secret par deux fois parce qu’il est de mon cœur
Secret par deux fois parce que la mer l’efface

Je suis heureuse et je te montre les universmedium_Polyptarbaus4.jpg

Je me lève et je marche sur le gravier millimétré de fouillis et d’ordre méconnu
Je joue avec l’infime les gris des cailloux et leurs silences immobiles
Je déplace une brindille et les univers se déplacent !

Bientôt je vais vers le figuier aux sangliers et je choisis les fruits, de rire
Car
Je pense aux testicules des hommes et je mords la couleur rouge des figues
En pensant
Aux testicules des hommes

Je suis heureuse de l’insignifiance des choses
Elles me gonflent le cœur

Quelque chose s’ouvre et s’écarte du pubis au thorax, de l’air frais caresse
L’intérieur, l’envers de ma peau, l’intérieur sensible du vide

Un léger nuage se détache de la lune
Une chauve-souris file le ciel
L’absence du vent posée sur les feuillages et les sons éparpillés
Des bêtes inconnues
Constellent la nuit des silences immobiles

Je prends l’avion demain
Je ne sais pas où je vais
Ni à quoi je me rends

Je suis heureuse de l’insignifiance des choses
Elles me gonflent le cœur


A Christiane
Mons nuit du 25 au 26 août 2007