17.12.2007
aujourd’hui si lointaines : journal poétique
terre ! terre !
ronde, bleue, la seule, la sœur
dans l’insondable
étoiles filantes, immobiles, mortes, étoiles de lumière, étoiles supernovae, arcs-en-ciel sous pluie d’étoiles, arche de couleurs,
couronne au noir très noir de l’espace
***
perdition parmi les fleurs des champs
aimer sans savoir ce que c’est qu’aimer,
à voir
à toucher
à respirer. Silence.
le reste a cours
le reste est ma vie
***
je rêve un autre trouble
Oh ! oh !
Cœur sur charbons ardents cigarette aux lèvres
N’est-ce pas grandir se jeter en plein vertige ?
En perdant connaissance et en toute connaissance
de cause
***
en moi de très vilaines figures côtoient de beaux visages.
les enterrer ?
prendre un taureau par les cornes ?
tunnel lumineux dont l’issue est bouchée
boue et débris
je suffoque de lumière et d’absence d’air
que circule la sève !
***
un peintre peint
frottement las du pinceau
le long des murs
dos tourné à la porte
vagabonde immobile
nue intimement j’attends
La magie
donnerait en plein champ de cette vie
enfin la pierre, la feuille, le fruit
nus, intimement – de ta présence.
***
effroi de ce qui passe effroi de ce qui se refuse, effroi
le premier geste j’aimerais
qu’il vienne de toi,
je ne peux pas attendre
qu’il vienne de toi,
je prie chaque jour
qu’il vienne de toi,
sorcière vaudoue, frissons de feuilles
***
la douleur était là,
elle a toujours été là,
ventre, sexe, rêve, peau
ne trouvant pas de voix
momie
tous les mots morts se lèvent, bataillent
vivre légère et court vêtue ?
déraciner si possible, ne pas vivre à genoux.
***
une fois regardé par un loup, on regarde le loup
l’ inévitable.
on guette
ses gestes, sa course, ses silences.
les trésors du loup, ses pupilles, on les décèle
on ne peut plus se passer du loup.
***
Ecole buissonnière
Au bord de la mer, marcher
pluie oblique et glacée.
Fuir et marcher
pluie, mer, ciel, grisaille, puzzle délavé.
Même le sable semble gris.
***
une sorte de tendresse, c’est aussi une déchirure de plus.
De quels marécages est-on fait ?
***
je remue un bâton dans la cendre
et la racaille des sentiments.
au moindre déregard de l’aimé
femme de tiroir
relégation, honte et poussière, nid d’araignées et de pensées sauvages
se laver, se dépoussiérer, s’ébrouer des ombres, des éclisses de bois et de la suffocation.
en pleine lumière, vampire aveuglé, titubant
les êtres du dehors,
les êtres du dehors nous regarderaient alors
tant d’or dans les cheveux !
de légèreté dans la démarche !
tant de tendresse dans les gestes !
les êtres du dehors, ouvriraient les bras pour en boire ?
***
Parenthèses
d’abord il n’y a pas de père.
Devant qui venir s’effondrer chien,
qui ouvrirait les bras envie de vivre.
Puis il n’y a pas de mère
femme volée.
Enfant, coûte que coûte aimer.
Puis, il n’y a plus d’enfant.
corps, assemblage de morceaux, bâti sur ces absences-là,
sidérales.
commence le mensonge.
corps de mensonge. On a sexe et cœur. Si ça vit, comment ça bat, pour qui ça vit ?
lâchée, vide et rafistolée dans le monde, dehors.
Sans père, sans mère, sans enfant
– trop fragile l’enfant –
Pas d’amour. Infaisable amour
sans corps et sans cœur.
Sans amour, on se sert des outils à disposition, sexe, cœur
trous, tissus mal tenus, béances, lèvres cousues.
pas de risque
ni de joie
seule la peau frémit et le ventre.
séparée de soi
on cherche père, mère, enfant,
celui qui recollera les morceaux et ouvrira les bras.
on avance masquée mystérieuse
mais le mystère
il est tragique : il n’y en pas…
enfant plombée, égarée dans replis et formes de femme
Un jour, pourtant, à l’occasion
frémissements de peau, tension du ventre, lèvres, cœur, tout se remet à battre, miracle,
quelque chose s’harmonise.
amazone, advenue magiquement,
aller au-delà de la peur, découdre les lèvres, aimer le sang,
prête au risque, à la joie, à l’inutile
…
le mensonge se relève.
la tête dans le sable,
sable mouillé
toutes digues s’effondrent
ne reste rien : gravats, débris, mensonge de sa vie
mensonge de corps,
de cœur,
de sexe
outil jamais appel, de cette vie,
fuite.
Réveil volcanique
hurlement de louve pelée
orpheline
déçue d’avance, perdue d’avance
imposture.
les vrais êtres humains le voient, le reniflent, le devinent
et l’on sait que l’on est perdue, qu’il ne peut y avoir ni père, ni mère ni sauveur
après, on vieillit et on meurt.
***
dire ton nom, simplement pour te le dire, à toi.
être sous ton regard si ton regard ne m’aime pas
me déposer à tes genoux
Fond sablonneux
grise, échouée, débile, j’écris ton nom, au cas où.
Signé : la sorcière…
Un jour, tu écriras. :
j’ai attendu que tes paroles s’épuisent
emportées par la marée
que nous venions à nous enfin ensemble…
***
Je sors de la cale, je prends le large
je suis toutes les femmes et tous les hommes aussi
abreuvée de toi gorgée de toi parfum de toi
***
sorcière, magicien et Prince charmant
il y a même une louve, un tigre et un chef indien
en carton pâte
au milieu une petite fille
***
Définitions
Larmes : emportent tout dans des ruisseaux de boue et d'eaux claires.
Zen : position assise, mur blanc, pensées blanches. Lac de calme absolu, amour éthéré, acceptation de ce qui est ou n'est pas. Dans le lac : la vie et l'amour et c'est équivalent, ça n'a pas de véritables couleurs et c'est la vérité.
Mots : permettent de ne pas hurler ni gémir, de faire des cabrioles au beau milieu des sentiments. Habillent, masquent, rendent différent des bêtes ; les mots civilisent, les mots ; mettent à distance. Dans un champ de mots, vous n'êtes pas ailleurs, dans un champ de coquelicots par exemple. Fragiles, les coquelicots. Mots et cigarettes disent et ils taisent. Soulignent les vérités et les nouent dans un mouchoir ou dans des poumons. Pratique. Vivre sans vivre. Tour de passe-passe. Aucun mot n'est étiqueté "nuit gravement à la santé".
***
brille toujours une étoile, une étoile maléfique
son message mort depuis des lunes
pourquoi un corps, du sang et de la peau ?
Pourquoi des âges, des sexes et des blessures ?
Pourquoi la faim et la soif ?
et la naissance
et la mort ?
Les sages : « cela est illusion, forme vide, forme informelle, chance unique de saisir le non-sens de la vie. Si tu n'avais pas de corps, si tu n'étais pas née, comment pourrais-tu comprendre détachement et libération ? »
Moi, bêtement, la bave aux lèvres, idiote de village, je lève des yeux vides vers les bouddhas
rire du bouddha
larmes du diable
ma peau se grise la louve
s'enroule sur elle-même.
***
Ecrire acte magique, jeu de lego
formes et ombres, perspectives et couleurs
quelque chose existe
parole invisible
sentiment d'impunité
***
tous les chagrins passent.
histoire de l'homme invisible
héros invisibles, fous, dépressifs
tous les invisibles en nous se développent, vivent leur vie,
incognito
apparaissent derrière une vitre
à la subreptice lueur d'un éclair.
Insaisissables.
l'accepter c'est basculer
de l'autre côté
Dans le rêve, l'invisible de l'autre !
au matin lui dire: "je t'ai vu, nous nous sommes rencontrés, je te connais, tu me connais, ce qui nous lie est invisible, invivable selon les codes communs, retournons à l'invisible au beau milieu du visible".
l’autre au matin, vient vers vous et dit :" "je t'ai vu, nous nous sommes rencontrés, je te connais et tu me connais, ce qui nous lie est invisible, invivable selon les codes communs, retournons à l'invisible au beau milieu du visible".
preuve que votre rencontre a eu lieu et signe que l’autre est moins sot que vous ! Bonne nuit
parler et vivre en visible ?
***
être enlevée par un voyou.
un que la décence n'intéresse pas,
gangster, Prince des Ténèbres.
quitter tutti quanti.
Un qui m'emmène à Séville, et ne parle pas.
***
à l’envers de la Saint-Valentin
on fête les amours
qui n'ont pas eu lieu
tout ce temps passé avec "sans-toi"
***
je retiens un peu tes yeux et m'y pose un instant
bouteille à la mer.
alcool, nuit, musique, défaillance
être montée en bateau toute seule
route dépourvue de rêves
étranges dédicaces à la jouissance
oasis, palmes de vent et de tendresse
***
j'aime en toi ce que tu ignores de toi
***
porte blindée
le rêve a chuté et la joie et l'amour.
Amère vivre sans mère.
Sans amour, anamour, Annamour ou désamour
femme, sorcière, Ophélie, barbare et bien élevée, amazone et pauvre chose…
conserver la tendresse intacte
derrière les surfaces, venue de l'ignorance de nous-mêmes.
***
ma tendresse est un oiseau que tu aimes
posé sur ton épaule,
tu ne vois pas cet oiseau qui vole autour de toi et s'éloigne
ces ailes qui ne se referment que pour toi,
ce chant qui ne s'éteint que pour toi
s'élève la nuit, quand tu dors
je viens la nuit, protéger ta peau, apaiser ton âme
je vole autour de tes pas te frôle palme invisible à qui tu ne dois rien
ta méchanceté blesse mes plumes et mon cœur
mais n'atteint pas l'amour.
tu es celui qui n'entendra jamais ce chant
femme déchirée
je ne veux pas que tu souffres.
***
parfums d'un jardin médicinal
froisser une odeur entre mes doigts…
Je ne te cherche plus je t'ai trouvé
là où tu veux être : dans l'absence de ma vie.
***
J’aime pour la beauté et l'inutilité du geste, la voix et la joie,
pour les paroles et pour la mer qui se retire j’ aime
pour la poésie, les cicatrices secrètes
et pour la vie que tu mènes, j’aime
pour rien, pour la paix et les guerres que je mène,
le parfum qui infuse et le pollen qui se dépose
***
dernier amour
un jour comme une merveille, simplement ces espaces où tout s’éclipse
***
toute apparition de toi fait tressaillir l’air autour de moi, des mésanges se posent sur mon épaule et des martins-pêcheurs zigzaguent leur flèche bleue au-dessus des pierres et des paroles. La mer se retire et les volcans s’ébrouent, l’herbe s’agite et la raison se terre dans les recoins. Mes doigts te caressent en fantôme ; tu sens une douceur effleurer ta vie, c’est moi, invisible : j’aime ce que tu ne connais pas en toi. Je voyage et m’endors sous les oliviers ; accoudée à la balustrade, à Lisbonne et je te regarde monter la rue ; je n’ai pas besoin de voir tes yeux, ils sont dessinés sous mes paupières ; nous nous sommes déjà aimés, déjà déchirés.
***
conneries d’une petite fille qui cherche le loup
de la souffrance ou des chichis ?
vivre éternellement béat sous le soleil, enivré des parfums de printemps,
catalogue des choses humaines ?
alors on aime à saccager !
ce que durent les roses
je ravaude
je ravaude de vieilles toiles de lin.
l’ombre est lente à porter.
***
fond d’une impasse face à une brute, animal acculé,
sauter à la gorge de l’agresseur ?
à nous les humains, que reste-t-il ? rage qui tournoie sur elle-même, art et philosophie !
souris en cage
petits coqs de basse-cour
entrave
bienséance et bonnes manières
l’amour blessé et les déserts qu’il lègue.
être un samouraï, une amazone, une amoureuse japonaise s’élançant dans un ravin, folle d’amour, folle.
***
homme-imparfait
aujourd’hui je te souhaite mille souffrances, des douleurs à se tordre
je te souhaite des chagrins de tendresse, des regrets inguérissables et des obsessions d’insecte.
dans de tels bas-fonds, tuer à terre mon amour, fracasser les gestes de tendresse, m’en exiler.
***
la vie réelle, «à toucher » n’est pas mon lieu
mon lieu, ce sont les rêves et les souvenirs même frelatés
en guerre contre toi, je t’oppose une image gelée.
Toi le seul joyau de ma boîte à trésors dérisoires,
si je ne te chante pas, je meurs prise de vertige
Je t’invente à partir de débris, de miettes, de choses amenées par la mer, tissus effilochés, brindilles. Je fais comme les oiseaux qui se construisent un nid. Ils vont et viennent, fils de laine, herbes et feuilles dans le bec. Ils se construisent un nid dans un endroit perdu.
Oui je fais comme les oiseaux
ma maison la désinvolture qu’elle respire.
Je reviens dans ta main et j’ai trouvé mon nid
sous ton regard
de la glace et la mer qui se retire, loin.
Peut-être suis-je là justement parce qu’il y fait froid et qu’il est impossible d’y vivre et de s’y lover ; parce qu’il faut y batailler, descendre au fond des puits et de certains gouffres. Peut-être suis-je tombée là pour éprouver et retrouver le chant. Ce que tu refuses être ton trésor : la tourmaline.
Je reviens vainqueur d’un voyage de trop, de la descente vers les hôpitaux de l’émotion, de ces pas mécaniques sur les Ramblas ; je reviens le sourire éclatant en pleine gloire. Une blessure s’ouvre sur un ravin au fond duquel le paysage est plus merveilleux que la vue en haut des dunes du Pilat. Les mots sont une échelle de corde et je grimperai s’il faut grimper.
Je saute en parachute en hurlant dans le silence mensonger du ciel
et des nuages.
Corps blessé, je l’ensevelis,
au milieu des chants et de leur impossible terre.
Du fond de la mine, j’ai rapporté une pépite d’or : le refus volontaire de la chute, le refus volontaire de la réalité. Tu ne comprendras pas.
***
garder dans les fougères, un regard absolu
***
le psychanalyste peut bien aller se rhabiller
***
plier roseau femelle
***
l’autre nuit, un petit chat-trésor m’a consolée
l’humain n’est parfois pas à la hauteur des bêtes
a refermé sur lui son grand manteau de froidure
***
les rêves : des corps en décomposition,
en larmes derrière mon visage
17:18 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, blessure, victoire, hisoire







