17.05.2008
Des lieux de Anne Jullien, enfant-fille en Finistère et Anjou du 20e siècle
la Grand Pierre de la Maison de Mesgouez
les Dalles Chauffantes de la Plage du Bourg
la Mare aux Crevettes Cachées
le Champ aux Fougères
le Rocher de la Noire Illumination
le Petit Chemin aux Papillons
la Pampa du Jardin des Vieilles Filles
le Petit Ruisseau où lâcher des Grenouilles
l'Allée Verte des Célibataires
les Bancs de Pierre de la Petite Cour
le Puits
les Murs aux Lézards de la Petite Cour
le Champs Communal de la Pierre à Feu
les Garennes du Camp Romain
le Lavoir de Mesgouez
le Lavoir de la Plage du Bourg
les Creux des Rochers où s'asseoir face à la Mer
l'Horizon des Iles ou le Mirage au-dessus de l'Océan
les Chambres des deux Grands-Mères
les Talus d' Escalade
le Rocher du Grand-Père Bellec
la Route des Chevaux de la Marine
le Rocher de la Brioche ou la Victoire sur la Peur
le Champ de Foire
le Hangar aux Grains du Grand-Père Péan
les Rochers du Plongeon
la Plage de Penfoull le Dimanche Matin
les Lieux de l'Eblouissement
les Herbes des Caresses Coupantes
le Fossé de l'Argent Volé
le Mur de la Pierre qui Tombe
le Chemin aux Orties de la Pierre Tombée
les Dalles de l'Attente
les Garennes de la Pétrification
la Grange de la Traction Avant Noire
le Jardin des Bâteaux en Construction
le Jardin des Avions en Construction
la Maison aux Pièces Sombres
l'Arbre aux Conversations
le Donjon de la Folie
le Menhir autour duquel on Danse
Les Recoins de l'Eglise à l'Odeur de Pisse
la Place de l'Agression
le Placard aux Ambiguïtés
la Bigorne ou la Première Escapade Amoureuse
le Lit des Fougères
la Plage des Curés qui tourne le dos à la Plage des Dames
Mouzou ou le Rocher de l'Ange en Prière
la Chambre aux dessins d'Ours de Pierre
le Lit de Saint Budoc
la Plage aux Eaux Translucides
la Ferme aux Lapins et aux petit Pois
le Jardin de Tante Mimi
le Marais de la Sage-Femme Sauvée
la Corde du Clocher de l'Eglise
les Haies de Chèvrefeuille
l'Allée de la Guerre aux Gravillons
la Chambre Verte de la Presqu'Ile
les Dunes aux Oreillers de Mousses et aux Romarins
le Sable aux Coquillages et aux Bouts de Verre
le Rocher au Profil de Géant
la Nuit des Chauves Souris
les Trois Pins aux Aiguilles Rousses
Les Marches du Cabinet
l'Escalier Raide qui Mène à la Chambre de Grand-Mère
le Virage de l'Escalier aux Glissades
le Vestibule aux Dalles Noires et Blanches
le Guéridon du jeu de Dames de Grand-Père
Les Nuits de la Corne de Brume
avril/mai 2008
12:31 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lieu, enfance
23.01.2008
Enfance
« l’impouvoir des larmes »
« cette présence reparue : tout en sachant que nul, jamais, nul ne revient »
Carlo Emilio Gadda
Tout vient de loin
De la ville
en apnée
briser la vie la taillader en son centre
Et des champs
Chaque talus escaladé
Chaque pin griffé
L’odeur de la résine et du sang
L’écorchure de la peau et l’écorce du pin
Grandir meurtrir quitter
Dos contre terre
On aurait su ainsi que l’hiver était froid
Au souverain de l’été
Aller pieds nus dans la lumière
La ville la nuit
Nous marchions ensemble
Parmi les rumeurs
Contre le monde entier
Etoiles fixes dans un ciel filant
à Y.A.
2004
16:50 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : enfance, ville, saison, nuit
03.10.2007
Bris de vers (Il y a // de l'enfance)
IL Y A
Il y a un oranger penché
sur la table
de la salle à manger
quand elle pleurait entre ses bras
c’était la même courbe
**
il y a le ciel
et par dessus le ciel
l’étoile
**
il y a
que les mots sont restreints
face à toute dévastation
les empreintes des chamelles
aux sables du désert
**
il y a
de sombres massacres
au gré des pistes
non pas de lions
ou de hyènes carnassières
simplement des massacres
de fourmis et d’insectes
**
il y a des morts sous le soleil
et des images déchirées
entre les mains des presque vieillards
**
il n’y a pas
de quoi
vivre
DE L’ENFANCE
la poésie n’est pas belle à voir
quand elle dit de telles histoires
-- ci-gît
l’enfant d’une morte
**
Un oisillon de printemps
s’écrase dans une cour
une petite fille
joue à la marelle.
**
Ne laissons - pas les enfants
miauler au fond des cours.
**
les images
seules les images
apaisent
ou tuent
-- selon l’enfance
**
cartable au dos
les petites filles de Goyave
vont à l’école
10:06 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : enfance, animaux, poésie
26.07.2007
PORTRAITS-AUTOPORTRAITS SAUVAGES (Série) / Figures 6/7/8
Figure 6 : tilt
… comme si la solution était d’être ici mais sans y être.
Cette vie-là comme une attention à toutes les autres vies, collection dans laquelle puiser des images, cette vie-là comme une vie d’apprentissage. La réalisation se fera dans une autre vie nourrie de celle-ci, qui se construit, se forme ici-même mais ne peut se manifester. Notions de passages successifs, emboîtements nécessaires à l’ultime réalisation, comme s’ils n’étaient que des peaux dont on mue à chaque vie. Au milieu de ce combat sanglant de « moi » épars, un être se fraye infailliblement son chemin sans tenir réellement compte des douleurs de ces peaux éphémères. Cette connaissance t’intime d’aimer sans aimer.
Figure 7
Lecture/cigarette/café/lecture/café/cigarette/cigarette/lecture/café////////
Absence indolore. Sorte de méditation involontaire proche d’un tourbillon de vide. Sérénité inquiète au ventre ; si cela est envisageable. Aucune pensée ne fleurit. Pas même des pousses. Le terre à terre de la résignation. Ce doit être un truc vieux comme la vie auquel on s’habitue, la désertification des forêts, l’anémie des amibes, l’assèchement des cours d’eaux encore que. Un petit sac de larmes salées alourdit ce corps et se balade à l’intérieur. Flic floc ça bouge. Même immobile on l’entend qui remue et gargouille. Un besoin de paix, de mer étale et de galets découverts ? Pourquoi ne pas considérer cet état déliquescent comme une chance de survie, une apnée salvatrice ?
Figure 8 : une enfant sauvage
Elle sent la terre, la proximité des bêtes, des chevaux, des vaches et des chiens. Elle porte l’odeur de la terre, celle de l’herbe quand on s’y est roulé, l’odeur du feu, animale, primitive, désordonnée, si forte qu’elle oublie que nous sommes debout.
Epousant cette odeur et la dispersant au vent, il y a la mer : avant tout, ce bruit de fond, une lumière au-delà d’un talus.
L’hiver a ses énigmes : le ciel contre la pierre, les sources d’eau sous les routes et les fossés de ce pays. Tout cela est mort dit-elle mais j’aime cette mort retenue encore par la lumière et le vent.
12:38 Publié dans Ecrits et Expérimentation , Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : enfance, nature, autoportrait, ennui, moi
21.11.2006
GENESE (3)
Ainsi penchée sur les plus hautes sphères
Je vois dans le miroir l’Autre Ciel
hors de cette nuit qui nous fit craintifs
refaire le monde
chaque matin décomposé
parce que la vie n’est que cela,
qui nous réduit à son immensité
les grands déserts des grandes lueurs,
le vide orné de ces fleurs fictives![]()
là-haut il n’y a plus rien que l’éther
à l’enveloppe écœurante![]()
l’odeur du silence
dans l’envol de la pluie
j’écris, comme on sommeille la nuit
avec les autres et pour aimer
jusqu’aux ennemis de ma vie![]()
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15:35 Publié dans Art et Culture , Littérature , Peinture/Sculpture/Gravure , Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Brest, enfance, guerre, poésie
GENESE (2)
au centre de l’écoulement de la vie,
immense désert de détails
de l’homme encore le sang
la neige et le sel
de l’homme encore la peau
la lune et l’ongle
sous l’ombre la nuit
de l’homme encore le crime
des ombres passent sur la vitre
aveu sans chair de ce qui est![]()
jours dont les liens sont méconnus
l’écoulement mortel, c’est leur seule
ressemblance![]()
j’oublie l’étonnement de vivre
et dans la démesure de grandir
j’oublie le temps de vieillir![]()
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15:20 Publié dans Art et Culture , Littérature , Peinture/Sculpture/Gravure , Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Brest, guerre, enfance, poésie
GENESE (1)
Les peintures d'Olivier ne sont en rien une "illustration" de mes textes. Ici ce sont deux enfances et deux imaginaires que je fais se rencontrer. Les peintures que j'ai choisies ouvrent un autre oeil sur ce que j'avais écrit.
Textes : anne jullien-pérouas
Peintures : olivier jullien
à l’odeur de ces pleurs, ancienne
et vénéneuse
j’ai permis toute douleur
noir silence que celui de vivre
et noir ce jour où tout fut advenu,
la folie la mort et ce sang débile
dont je tire ma race![]()
image close de la chambre ; les ombres
s’y sont retirées, contre le jour celui
qui tremble, le jour obscur
les rues où l’enfance triste s’avançait
les rues grises et closes, des ravins
où la pluie et la solitude
déjà l’infini regret...
ce besoin de morts encore qui sourd
d’autres temps. Des morts
pour hurler![]()
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15:05 Publié dans Art et Culture , Littérature , Peinture/Sculpture/Gravure , Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Brest, enfance, guerre, poésie







