05.07.2008
La nuit du boa
Robocop femelle, jeanne d'arc hallucinée
chargée de se mouvoir parmi le monde réel
(le petit personnage, lui, ne connaît rien de la pertinence ni des règles
et va, incognito)
j'endosse le matin ma tenue de cotte de maille autour de mon coeur
et le masque de fer derrière lequel cacher les nuages en forme de nuages
d'autres plus emmaillotés posent leurs pattes sales sur mon coeur
qui palpite sous son lainage de mouton
alors j'attends le soir
j'ai le goût de la nuit du rêve et du sommeil
j'entre dans la nuit comme dans la gueule ouverte d'un boa
et là je me dépose, je fuis, je rêve, vêtue de ma peau et de la peau du boa
personne ne s'aventure autour d'un boa qui digère
je me couche dans le soir légèrement effrayée
et curieuse avant tout
les cerfs-volants de ma tête s'évadent et hantent la chambre reptilienne
les visages se composent et se décomposent
et j'enlève de mon coeur les pattes sales et les doigts gras
je me love dans la panse ouverte du cheval tombé à terre, tué par les guerres
et qui m'offre son flanc et ses entrailles
j'aspire ses odeurs et la chaleur ferme de sa dernière respiration
je me souviens du parfum du crottin et de l'indécence sauvage du cheval
le boa et le cheval mort sont une même nuit
et le matin le soleil ouvre le ventre du serpent
couteau de lumière
qui me réveille et me livre à l'asphalte
alors que les nuages du sommeil me protègent encore
invisibles métaphores au-dessus de mon crâne
juillet 2008
12:05 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : boa, nuit







