25.04.2008
Deux poèmes revisités
l'absence de paroles des animaux
leur front opaque et leur vie musculaire
leurs regards sans remords
le cuir la fourrure les soies
le retour sans faillir à l'herbe à l'eau à la pertinence d'exister
plantés roulés en terre
23/09/2006 - avril 2008
et que simplement le sentiment ne naisse que de nos corps des plantes des rivières des sables et des eaux
et que le sentiment ne soit qu'un éclat de nos peaux qui jamais ne s'élabore en pensées
et gagne ainsi le coeur en jaillissant des sources et de la racine levée
et que simplement l'emboîtement nous mène au paradis des gazelles et des alizées
22/12/2007 – avril 2008
18:48 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : animal, amour, plante
17.12.2007
aujourd’hui si lointaines : journal poétique
terre ! terre !
ronde, bleue, la seule, la sœur
dans l’insondable
étoiles filantes, immobiles, mortes, étoiles de lumière, étoiles supernovae, arcs-en-ciel sous pluie d’étoiles, arche de couleurs,
couronne au noir très noir de l’espace
***
perdition parmi les fleurs des champs
aimer sans savoir ce que c’est qu’aimer,
à voir
à toucher
à respirer. Silence.
le reste a cours
le reste est ma vie
***
je rêve un autre trouble
Oh ! oh !
Cœur sur charbons ardents cigarette aux lèvres
N’est-ce pas grandir se jeter en plein vertige ?
En perdant connaissance et en toute connaissance
de cause
***
en moi de très vilaines figures côtoient de beaux visages.
les enterrer ?
prendre un taureau par les cornes ?
tunnel lumineux dont l’issue est bouchée
boue et débris
je suffoque de lumière et d’absence d’air
que circule la sève !
***
un peintre peint
frottement las du pinceau
le long des murs
dos tourné à la porte
vagabonde immobile
nue intimement j’attends
La magie
donnerait en plein champ de cette vie
enfin la pierre, la feuille, le fruit
nus, intimement – de ta présence.
***
effroi de ce qui passe effroi de ce qui se refuse, effroi
le premier geste j’aimerais
qu’il vienne de toi,
je ne peux pas attendre
qu’il vienne de toi,
je prie chaque jour
qu’il vienne de toi,
sorcière vaudoue, frissons de feuilles
***
la douleur était là,
elle a toujours été là,
ventre, sexe, rêve, peau
ne trouvant pas de voix
momie
tous les mots morts se lèvent, bataillent
vivre légère et court vêtue ?
déraciner si possible, ne pas vivre à genoux.
***
une fois regardé par un loup, on regarde le loup
l’ inévitable.
on guette
ses gestes, sa course, ses silences.
les trésors du loup, ses pupilles, on les décèle
on ne peut plus se passer du loup.
***
Ecole buissonnière
Au bord de la mer, marcher
pluie oblique et glacée.
Fuir et marcher
pluie, mer, ciel, grisaille, puzzle délavé.
Même le sable semble gris.
***
une sorte de tendresse, c’est aussi une déchirure de plus.
De quels marécages est-on fait ?
***
je remue un bâton dans la cendre
et la racaille des sentiments.
au moindre déregard de l’aimé
femme de tiroir
relégation, honte et poussière, nid d’araignées et de pensées sauvages
se laver, se dépoussiérer, s’ébrouer des ombres, des éclisses de bois et de la suffocation.
en pleine lumière, vampire aveuglé, titubant
les êtres du dehors,
les êtres du dehors nous regarderaient alors
tant d’or dans les cheveux !
de légèreté dans la démarche !
tant de tendresse dans les gestes !
les êtres du dehors, ouvriraient les bras pour en boire ?
***
Parenthèses
d’abord il n’y a pas de père.
Devant qui venir s’effondrer chien,
qui ouvrirait les bras envie de vivre.
Puis il n’y a pas de mère
femme volée.
Enfant, coûte que coûte aimer.
Puis, il n’y a plus d’enfant.
corps, assemblage de morceaux, bâti sur ces absences-là,
sidérales.
commence le mensonge.
corps de mensonge. On a sexe et cœur. Si ça vit, comment ça bat, pour qui ça vit ?
lâchée, vide et rafistolée dans le monde, dehors.
Sans père, sans mère, sans enfant
– trop fragile l’enfant –
Pas d’amour. Infaisable amour
sans corps et sans cœur.
Sans amour, on se sert des outils à disposition, sexe, cœur
trous, tissus mal tenus, béances, lèvres cousues.
pas de risque
ni de joie
seule la peau frémit et le ventre.
séparée de soi
on cherche père, mère, enfant,
celui qui recollera les morceaux et ouvrira les bras.
on avance masquée mystérieuse
mais le mystère
il est tragique : il n’y en pas…
enfant plombée, égarée dans replis et formes de femme
Un jour, pourtant, à l’occasion
frémissements de peau, tension du ventre, lèvres, cœur, tout se remet à battre, miracle,
quelque chose s’harmonise.
amazone, advenue magiquement,
aller au-delà de la peur, découdre les lèvres, aimer le sang,
prête au risque, à la joie, à l’inutile
…
le mensonge se relève.
la tête dans le sable,
sable mouillé
toutes digues s’effondrent
ne reste rien : gravats, débris, mensonge de sa vie
mensonge de corps,
de cœur,
de sexe
outil jamais appel, de cette vie,
fuite.
Réveil volcanique
hurlement de louve pelée
orpheline
déçue d’avance, perdue d’avance
imposture.
les vrais êtres humains le voient, le reniflent, le devinent
et l’on sait que l’on est perdue, qu’il ne peut y avoir ni père, ni mère ni sauveur
après, on vieillit et on meurt.
***
dire ton nom, simplement pour te le dire, à toi.
être sous ton regard si ton regard ne m’aime pas
me déposer à tes genoux
Fond sablonneux
grise, échouée, débile, j’écris ton nom, au cas où.
Signé : la sorcière…
Un jour, tu écriras. :
j’ai attendu que tes paroles s’épuisent
emportées par la marée
que nous venions à nous enfin ensemble…
***
Je sors de la cale, je prends le large
je suis toutes les femmes et tous les hommes aussi
abreuvée de toi gorgée de toi parfum de toi
***
sorcière, magicien et Prince charmant
il y a même une louve, un tigre et un chef indien
en carton pâte
au milieu une petite fille
***
Définitions
Larmes : emportent tout dans des ruisseaux de boue et d'eaux claires.
Zen : position assise, mur blanc, pensées blanches. Lac de calme absolu, amour éthéré, acceptation de ce qui est ou n'est pas. Dans le lac : la vie et l'amour et c'est équivalent, ça n'a pas de véritables couleurs et c'est la vérité.
Mots : permettent de ne pas hurler ni gémir, de faire des cabrioles au beau milieu des sentiments. Habillent, masquent, rendent différent des bêtes ; les mots civilisent, les mots ; mettent à distance. Dans un champ de mots, vous n'êtes pas ailleurs, dans un champ de coquelicots par exemple. Fragiles, les coquelicots. Mots et cigarettes disent et ils taisent. Soulignent les vérités et les nouent dans un mouchoir ou dans des poumons. Pratique. Vivre sans vivre. Tour de passe-passe. Aucun mot n'est étiqueté "nuit gravement à la santé".
***
brille toujours une étoile, une étoile maléfique
son message mort depuis des lunes
pourquoi un corps, du sang et de la peau ?
Pourquoi des âges, des sexes et des blessures ?
Pourquoi la faim et la soif ?
et la naissance
et la mort ?
Les sages : « cela est illusion, forme vide, forme informelle, chance unique de saisir le non-sens de la vie. Si tu n'avais pas de corps, si tu n'étais pas née, comment pourrais-tu comprendre détachement et libération ? »
Moi, bêtement, la bave aux lèvres, idiote de village, je lève des yeux vides vers les bouddhas
rire du bouddha
larmes du diable
ma peau se grise la louve
s'enroule sur elle-même.
***
Ecrire acte magique, jeu de lego
formes et ombres, perspectives et couleurs
quelque chose existe
parole invisible
sentiment d'impunité
***
tous les chagrins passent.
histoire de l'homme invisible
héros invisibles, fous, dépressifs
tous les invisibles en nous se développent, vivent leur vie,
incognito
apparaissent derrière une vitre
à la subreptice lueur d'un éclair.
Insaisissables.
l'accepter c'est basculer
de l'autre côté
Dans le rêve, l'invisible de l'autre !
au matin lui dire: "je t'ai vu, nous nous sommes rencontrés, je te connais, tu me connais, ce qui nous lie est invisible, invivable selon les codes communs, retournons à l'invisible au beau milieu du visible".
l’autre au matin, vient vers vous et dit :" "je t'ai vu, nous nous sommes rencontrés, je te connais et tu me connais, ce qui nous lie est invisible, invivable selon les codes communs, retournons à l'invisible au beau milieu du visible".
preuve que votre rencontre a eu lieu et signe que l’autre est moins sot que vous ! Bonne nuit
parler et vivre en visible ?
***
être enlevée par un voyou.
un que la décence n'intéresse pas,
gangster, Prince des Ténèbres.
quitter tutti quanti.
Un qui m'emmène à Séville, et ne parle pas.
***
à l’envers de la Saint-Valentin
on fête les amours
qui n'ont pas eu lieu
tout ce temps passé avec "sans-toi"
***
je retiens un peu tes yeux et m'y pose un instant
bouteille à la mer.
alcool, nuit, musique, défaillance
être montée en bateau toute seule
route dépourvue de rêves
étranges dédicaces à la jouissance
oasis, palmes de vent et de tendresse
***
j'aime en toi ce que tu ignores de toi
***
porte blindée
le rêve a chuté et la joie et l'amour.
Amère vivre sans mère.
Sans amour, anamour, Annamour ou désamour
femme, sorcière, Ophélie, barbare et bien élevée, amazone et pauvre chose…
conserver la tendresse intacte
derrière les surfaces, venue de l'ignorance de nous-mêmes.
***
ma tendresse est un oiseau que tu aimes
posé sur ton épaule,
tu ne vois pas cet oiseau qui vole autour de toi et s'éloigne
ces ailes qui ne se referment que pour toi,
ce chant qui ne s'éteint que pour toi
s'élève la nuit, quand tu dors
je viens la nuit, protéger ta peau, apaiser ton âme
je vole autour de tes pas te frôle palme invisible à qui tu ne dois rien
ta méchanceté blesse mes plumes et mon cœur
mais n'atteint pas l'amour.
tu es celui qui n'entendra jamais ce chant
femme déchirée
je ne veux pas que tu souffres.
***
parfums d'un jardin médicinal
froisser une odeur entre mes doigts…
Je ne te cherche plus je t'ai trouvé
là où tu veux être : dans l'absence de ma vie.
***
J’aime pour la beauté et l'inutilité du geste, la voix et la joie,
pour les paroles et pour la mer qui se retire j’ aime
pour la poésie, les cicatrices secrètes
et pour la vie que tu mènes, j’aime
pour rien, pour la paix et les guerres que je mène,
le parfum qui infuse et le pollen qui se dépose
***
dernier amour
un jour comme une merveille, simplement ces espaces où tout s’éclipse
***
toute apparition de toi fait tressaillir l’air autour de moi, des mésanges se posent sur mon épaule et des martins-pêcheurs zigzaguent leur flèche bleue au-dessus des pierres et des paroles. La mer se retire et les volcans s’ébrouent, l’herbe s’agite et la raison se terre dans les recoins. Mes doigts te caressent en fantôme ; tu sens une douceur effleurer ta vie, c’est moi, invisible : j’aime ce que tu ne connais pas en toi. Je voyage et m’endors sous les oliviers ; accoudée à la balustrade, à Lisbonne et je te regarde monter la rue ; je n’ai pas besoin de voir tes yeux, ils sont dessinés sous mes paupières ; nous nous sommes déjà aimés, déjà déchirés.
***
conneries d’une petite fille qui cherche le loup
de la souffrance ou des chichis ?
vivre éternellement béat sous le soleil, enivré des parfums de printemps,
catalogue des choses humaines ?
alors on aime à saccager !
ce que durent les roses
je ravaude
je ravaude de vieilles toiles de lin.
l’ombre est lente à porter.
***
fond d’une impasse face à une brute, animal acculé,
sauter à la gorge de l’agresseur ?
à nous les humains, que reste-t-il ? rage qui tournoie sur elle-même, art et philosophie !
souris en cage
petits coqs de basse-cour
entrave
bienséance et bonnes manières
l’amour blessé et les déserts qu’il lègue.
être un samouraï, une amazone, une amoureuse japonaise s’élançant dans un ravin, folle d’amour, folle.
***
homme-imparfait
aujourd’hui je te souhaite mille souffrances, des douleurs à se tordre
je te souhaite des chagrins de tendresse, des regrets inguérissables et des obsessions d’insecte.
dans de tels bas-fonds, tuer à terre mon amour, fracasser les gestes de tendresse, m’en exiler.
***
la vie réelle, «à toucher » n’est pas mon lieu
mon lieu, ce sont les rêves et les souvenirs même frelatés
en guerre contre toi, je t’oppose une image gelée.
Toi le seul joyau de ma boîte à trésors dérisoires,
si je ne te chante pas, je meurs prise de vertige
Je t’invente à partir de débris, de miettes, de choses amenées par la mer, tissus effilochés, brindilles. Je fais comme les oiseaux qui se construisent un nid. Ils vont et viennent, fils de laine, herbes et feuilles dans le bec. Ils se construisent un nid dans un endroit perdu.
Oui je fais comme les oiseaux
ma maison la désinvolture qu’elle respire.
Je reviens dans ta main et j’ai trouvé mon nid
sous ton regard
de la glace et la mer qui se retire, loin.
Peut-être suis-je là justement parce qu’il y fait froid et qu’il est impossible d’y vivre et de s’y lover ; parce qu’il faut y batailler, descendre au fond des puits et de certains gouffres. Peut-être suis-je tombée là pour éprouver et retrouver le chant. Ce que tu refuses être ton trésor : la tourmaline.
Je reviens vainqueur d’un voyage de trop, de la descente vers les hôpitaux de l’émotion, de ces pas mécaniques sur les Ramblas ; je reviens le sourire éclatant en pleine gloire. Une blessure s’ouvre sur un ravin au fond duquel le paysage est plus merveilleux que la vue en haut des dunes du Pilat. Les mots sont une échelle de corde et je grimperai s’il faut grimper.
Je saute en parachute en hurlant dans le silence mensonger du ciel
et des nuages.
Corps blessé, je l’ensevelis,
au milieu des chants et de leur impossible terre.
Du fond de la mine, j’ai rapporté une pépite d’or : le refus volontaire de la chute, le refus volontaire de la réalité. Tu ne comprendras pas.
***
garder dans les fougères, un regard absolu
***
le psychanalyste peut bien aller se rhabiller
***
plier roseau femelle
***
l’autre nuit, un petit chat-trésor m’a consolée
l’humain n’est parfois pas à la hauteur des bêtes
a refermé sur lui son grand manteau de froidure
***
les rêves : des corps en décomposition,
en larmes derrière mon visage
17:18 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, blessure, victoire, hisoire
12.07.2007
PORTRAITS-AUTOPORTRAITS SAUVAGES (Série) / Première parenthèse
On peut vivre en état d’absolue ignorance et à vue, balle de cirque sur le museau de l’otarie, dansante au haut du jet d’eau. Un amour porté par lui-même, ça rebondit et virevolte par attouchements d’eau et de rondeurs, ça vit de soi-même, ça tourne autour de soi, ça jubile de soi…
Si le jet d’eau brusquement est coupé ou lentement s’éteint, se meurt, s’étiole, la balle rebondit à terre et dégringole la rue le trottoir le caniveau pour tourbillonner tout en bas de la rue jusqu’au recoin, celui-là où les chiens lèvent la patte où les hommes urinent comme si réservé fétide le coin réservoir de tant de queues, c’était plus sain en cachette, d’empester un seul endroit par égards, au lieu d’ épanouir l’urine aux quatre vents des rues, pollen insaisissable. Au lieu de quoi on réserve à sa queue un recoin comme pour la balle égarée, où déverser son trop-plein, confessionnal des rues, où tant d’autres avant soi et après soi, quasiment honteux de l’envie et de l’odeur concentrée là comme pour un reniflement de la chien à la chienne. Mais les animaux éparpillent leurs appels, signes de piste en plein air, ululements à ciel ouvert, dégageant des pissotières les odeurs où renfermées, exaspérées elles sont d’elles-mêmes écœurées.
17:03 Publié dans Ecrits et Expérimentation , Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rues, amour
20.02.2007
La captive de Boukharie
Le temps fait oublier les douleurs, éteint les vengeances, apaise la colère et étouffe la haine ; alors le passé est comme s'il n'eût jamais existé.
Avicenne (Ibn Sinâ) 980-1037
Sur la route de Samarkand, autrefois
Se vendaient de la soie, des tissus, des couleurs.
A Boukhara, les oiseaux-de-feu dessinés sur les murs
Couvaient sous leurs ailes d'étranges mammifères.
Tout ici portait à la danse, aux chants et aux folles prières.
Seule, une femme, à genoux sur le sable
Retenait sa voix captive d'un talisman ;
on la croisait parfois aux heures déraisonnables
murmurant un nom qu'elle dédiait aux amants.
Il n'y eut guère de miracle
Ni à Samarkand, œil du monde ni ailleurs.
Les arcanes, les astres, les oracles
Avaient promis de l'amour -- et des fleurs![]()
Cependant nul oiseau-tambour ne vint livrer
Message des pierres bleues de Badakan.
Nul cavalier de l'ombre ne vint enivrer
La captive de Boukharie, Ouzbékistan…
Les princes qui passaient n'entendaient qu'un murmure
Et lui jetaient la pièce comme on lance une injure.
A ton tour homme gris tu frôlas cette femme ;
Et dans ses yeux ne vis pas, s'émerveiller la flamme.
Elle mourut alors d'avoir si bien rêvé
De nirvâna, d'amour bohème et ténébreux.
Elle rouvrit les paumes et baissa les paupières
Deux pierres bleues sur le sable roulèrent ;
Soudainement on vit deux oiseaux s'élever
Leur chant ce fut un nom, le tien, mystérieux
Guilers 26/03/2001
17:15 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poésie, femme, amour, voyage
22.12.2006
A nos amours (extraits)
Aujourd'hui, je dédie ces poèmes à Vincent et Juliette
Ah ! l’oubli du lilas sous les draps.
Reprenez vos odeurs
Nos coeurs à vos départs
Y succombent encore.
***
pour toi ce chemin
et les talus de ce chemin
les fleurs de ces talus
la couleur insensée de ces fleurs
les insectes posés sur la couleur insensée![]()
pour toi le vol de ces insectes
les poussières de ce vol
vertige des brindilles de lumière
sous les yeux de ton vertige
***
voir tes yeux c’est tenir l’eau en ses doigts
et la filtrer
pour voir
***
Et si tu étais là ta peau respirée là
je voudrais hâler la mer et le vent qui s’apaise,
en pleine nuit avec toi.
Si tu étais là
***
Je t’attends
comme on attend un souffle
d’air, une orgie de vent
là où le vent a disparu
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15:10 Publié dans Littérature , Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, amour, fleurs, nature
12.10.2006
Les larmes sous la pluie etc (extraits)
Quelques poèmes écrits entre 1995 et 2003
L’image
L’image ultime qui me rassemble
C’est toi
noué à la terre
scrutant l’envol de la balle
sondant le vent et ses silences
prêt pour le drive
prêt pour le geste et son après
le pur le juste et ton sourire
d’être là sous le ciel
et d’y avoir inscrit
ce geste cet inutile
****
alors qu’en moi, une armée de lames
fauche l’herbe et saccage les champs,
ta présence m’élève
au-dessus de cet espace dévasté
et je me tiens debout au-dessus de tout,
au-dessus de moi dans la seule odeur de l’herbe coupée, humide encore
et les oiseaux en silence ne sont plus que des ailes
****
Je rends les armes
Devant toi devant dieu sait qui
Tel un Indien des Plaines
Debout, les pieds sur sa terre
Indomptable
Fulgurant
Mort
***
je réveille les images
ma parole inaugure le songe
et tu es là
l’espace où nous sommes
vibre et ondule
je suis sous ton regard
le sable
où tu allèges ton corps
***
même le rêve de toi se défeuille
ton image s’éloigne
le vent n’a plus d’épaisseur
la nuit n’est plus refuge
que pour la mort de toute espérance
la vie inodore embarque ses naufrages
***
rien ne sauve
et chaque roi se meurt
toute parole est fauve
incendiaire
seul le silence
dans lequel je me dépose
dit une vérité –
celle qui me dénude
***
je suis seule sur la plage d’enfance
les yeux fermés
dans l’odeur indéfinissable
du sable
perdue d’avance
***
Je te prends contre moi
Homme écorce d’arbre
Douceur
Tu viens en moi je suis une feuille
Je tremble
16:35 Publié dans Littérature , Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, amour







