31.08.2007
PORTRAITS-AUTOPORTRAITS SAUVAGES (Série) / Deuxième parenthèse : à propos de la Guerre du Golfe 1991
nous étions enfin spectateurs de la réalité de la guerre. Nous n’en étions plus aux comptes-rendus des prouesses techniques de tel missile ou de tel avion, à l’émerveillement devant la précision technologique de tel diamant meurtrier. Non ! enfin nous en étions aux morts, aux cadavres, aux yeux la nuit sous les abris et au sommeil qui ne vient pas car il est toujours l’heure de l’attente.
Je n’étais pas dupe. Notre monde et notre beauté se sont construits de la guerre ou autour d’elle. Nous sommes aptes à la guerre. Quelque chose en nous se terre toujours prêt pour la guerre, ce pôle d’attraction de toutes les passions et de toutes les souffrances. Surtout cette guerre, assez éloignée pour autoriser les états d’âme, assez identifiable pour prôner des opinions, assez chargée d’histoire pour engendrer des coupables et des victimes interchangeables tout autant que des références, assez innovatrice pour tendre des discours et des espérances…. Quelle aubaine de pouvoir se créer un méchant, une princesse, des cavaliers au cœur pur même si aux mains sales ! Quelle aubaine que de se retrouver unis autour enfin d’un même centre, d’un même sens, d’une même expérience ! Enfin, quelque chose se passe, où nous nous reconnaissons pensant, vivant, humains ! Nous ne sommes plus seuls, usés de doutes et éreintés des efforts à fournir pour vivre en paix. Car vivre en paix, c’est vivre. Cela comment le faire quotidiennement, sans désemparer, avec foi et enthousiasme, avec comme seule guerre une guerre sans armes fatales ni sophistiquées, une guerre de chaque nuit entre soi et soi, où le vainqueur sera le même que le vaincu.
Enfin une vraie guerre était advenue, que nous voulions imminente, logique, irréversible ; que nous voulions à nous destinée pour qu’enfin la vie se décharge ailleurs qu’en nous-mêmes, ailleurs qu’au lieu de nos propres combats. Qu’enfin nos beaux sentiments redeviennent des vœux pieux et n’encombrent pas le réel de chaque jour. Car vivre sans guerre c’est vivre au-dessus de l’instinct, au-dessus de nos moyens et dans un effort constant vers l’harmonie. Qui ne ricanerait pas de cela ? Qui est capable de vivre une vie sans un cadavre en vue ? sans un meurtre à perpétrer ?
Cette guerre enfin meublait les consciences. C’est pourquoi elle était nécessaire et nous l’avions enrichie. Même les pacifistes se regroupaient autour d’elle, piégés par les passions qu’elle engendrait, l’élan vital qu’elle représentait. La guerre est toujours source de ravissement intellectuel. Que vivons-nous lorsqu’elle est absente de nos cadres ?
Je n’étais pas dupe. Notre monde et notre beauté se sont construits de la guerre ou autour d’elle. Nous sommes aptes à la guerre. Quelque chose en nous se terre toujours prêt pour la guerre, ce pôle d’attraction de toutes les passions et de toutes les souffrances. Surtout cette guerre, assez éloignée pour autoriser les états d’âme, assez identifiable pour prôner des opinions, assez chargée d’histoire pour engendrer des coupables et des victimes interchangeables tout autant que des références, assez innovatrice pour tendre des discours et des espérances…. Quelle aubaine de pouvoir se créer un méchant, une princesse, des cavaliers au cœur pur même si aux mains sales ! Quelle aubaine que de se retrouver unis autour enfin d’un même centre, d’un même sens, d’une même expérience ! Enfin, quelque chose se passe, où nous nous reconnaissons pensant, vivant, humains ! Nous ne sommes plus seuls, usés de doutes et éreintés des efforts à fournir pour vivre en paix. Car vivre en paix, c’est vivre. Cela comment le faire quotidiennement, sans désemparer, avec foi et enthousiasme, avec comme seule guerre une guerre sans armes fatales ni sophistiquées, une guerre de chaque nuit entre soi et soi, où le vainqueur sera le même que le vaincu.
Enfin une vraie guerre était advenue, que nous voulions imminente, logique, irréversible ; que nous voulions à nous destinée pour qu’enfin la vie se décharge ailleurs qu’en nous-mêmes, ailleurs qu’au lieu de nos propres combats. Qu’enfin nos beaux sentiments redeviennent des vœux pieux et n’encombrent pas le réel de chaque jour. Car vivre sans guerre c’est vivre au-dessus de l’instinct, au-dessus de nos moyens et dans un effort constant vers l’harmonie. Qui ne ricanerait pas de cela ? Qui est capable de vivre une vie sans un cadavre en vue ? sans un meurtre à perpétrer ?
Cette guerre enfin meublait les consciences. C’est pourquoi elle était nécessaire et nous l’avions enrichie. Même les pacifistes se regroupaient autour d’elle, piégés par les passions qu’elle engendrait, l’élan vital qu’elle représentait. La guerre est toujours source de ravissement intellectuel. Que vivons-nous lorsqu’elle est absente de nos cadres ?
09:18 Publié dans Ecrits et Expérimentation , Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : guerre, Guerre du Golfe, 1991







