01.07.2008
Pensées ovines
quelqu'un est assis sur des marches
à mieux voir, ils sont deux : pessoa et un berger
je les regarde d'assez loin, ils me font face et ne savent pas que j'existe
je peux donc les regarder à loisir
qui regardent leurs troupeaux et devisent
le berger et pessoa devisent par la tête, par l'esprit, le côte à côte
ils devisent de proximité
l'un observe ses pensées, l'autres ses brebis
un très vaste champ vert dévale sous nos yeux, sous les sabots de pensées ovines
la lumière du soleil s'adoucit, il est midi, c'est un paradoxe
et les oliviers proposent leur abri d'ombres à nos pensées
mais pessoa et le berger sont nu-tête et goûtent un vin blanc doré de la serra d'arrabida
plus tard il semble que les deux personnages
ne se soient pas lassés de leur sérénité
pour eux le soleil est plus bas et l'air moins lumineux s'est clarifié
le vin de la serra d'arrabida semble aussi plus doux, les moutons et les pensées
se côtoient et se mêlent
pendant ce temps je marche dans un paysage blanc et désert
quelques arbres nus ici et là enracinés cousinent avec des immeubles délabrés et vides
je suis seule et entourée d'une foule qui vaque et ne me voit pas
je suis invisible
ainsi je n'ai plus d'obligation
je ne vais nulle part, je suis ma route
libre de ne plus aimer et de ne plus être aimée
la danseuse lovée autour de ma colonne vertébrale ne danse pas, elle assouplit mes mouvements
et le minuscule en posture de lotus guide mes pas, sans se mouvoir
me voici au milieu des moutons et là
pessoa me voit
la nature blanche dans laquelle j'avance prend les couleurs d'une terre portugaise
je suis assise entre le marteau et l'enclume de l'oreille de pessoa
et le berger nous dit que la nuit tombe et que demain il nous attendra
guilers juin 2008
18:45 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Pessoa, mouton
23.06.2008
playmobil et couleuvre
les petits personnages
mélancoliques toons ou ravissants
construisent des digues, croisent les jambes et récitent des pièges à merveilles
ces petites babioles intimes
colmatent les brèches de verre et calfatent les quilles des vieux gréements à terre
(J’ai cru voir une petite taupe morte au pied du rosier)
évitent les éclaboussures des voitures intrépides quand les corps marchent sur le quai
devant les chantiers du Guip
mais
quand la marée monte
quand les visions meurent…
les miniatures courbent l’échine ; leurs rafistolages de marée basse et de mortes eaux craquèlent, les cordes et les amarres grincent, les dalles se disjoignent et le sel de la mer abrase les plaies
les miniatures jouent aux trois singes
ne fuient pas, ne se couchent pas, n’abandonnent rien
sinon la joie et la danseuse démantibulée, à fond de cale -chiffon
dans cet univers de playmobil, il n’y a pas de faute
une petite taupe morte
un guerrier avili
la mort peut-être
la chute des miracles dans la cour
et le paysage au-dehors rayonne sa beauté glaciale, wonderfull
les personnages bonzaï s’agitent sur le tarmac, en attendant que la mer redescende – l’attente dure 6 heures – ou qu’un hélicoptère surgisse et se pose, improbable équipe de médecins humanitaires en quête de mission
(marchant nu-pieds sur une allée bordée de fougères
j’ apprends,
que la mort est réelle)
(et pour ne pas devenir un chien enragé
j’abolis tout désir)
***
est-ce qu’un jour, je me lasserai de ce lieu ? des voix assourdies qui me parviennent de la vie des gens, du sifflement invisible des oiseaux, des clapotis de la mer et de leurs vagabondages, du sable ; du sable ?
est-ce qu’un jour, je me lasserai de ce lieu
où l’on a planté mon enfance et mon éblouissement
de ce lieu et de ses bruits de fond
que l’on prend pour du silence ?
***
quand les visions meurent…
reste l’espèce de brume de chaleur bleue qui fait onduler le ciel et la mer
ou bien
un brouillard neige-sale-d’après piétinement
ce qui est massif reste massif : les chevaux dos et croupes au vent
quand les visions meurent
restent un lézard, un bourdon ventru, un papillon commun et un papillon bleu pâle
les ombres des grands oiseaux qui planent à la surface des rochers
et la couleuvre d’esculape, la couleuvre qui entend les vibrations de la terre
pour avoir une chance de la voir, il faut descendre au sud de la Loire.
Argenton- Gwendrez- Penfoul - Guilers juin 2008
17:56 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : animaux, lieu
20.06.2008
Shiva peut-être
Disparue de mon corps,
la danseuse qui virevolte de looping en triple axel
transformée
en automate,
poupée mécanique
invisible à l'oeil nu la danseuse aux dix mille formes prend appui quelque part autour de ma colonne vertébrale et s'épanouit jusqu'à jaillir lumineuse par la fontanelle ouverte à tous les vents
grâce à elle le monde et ses débris est un paysage sombre et vu de haut
auquel j'appartiens pour seulement un temps
la danseuse aux bras nus et aux bracelets d'or me délivre ; c'est une émanation multicolore et blanche de mon âme minuscule
grâce à elle je me déleste des cendres et des enclumes, des pensées syntaxiques et des pièges en treillis
je dois revenir sur mon galet, me laisser envahir par les images et les odeurs de la mer, par le silence des milliers d'oiseaux, humer les goêmons pourrissants et l'herbe coupée, je dois revenir épouser cette forme assise et miniature pour que la danseuse-mère se déploie je dois me tenir invisible immobile afin que la joie m'incendie afin de visiter les paysages de la terre sans succomber à la frayeur je dois retrouver le dieu-éléphant et m'asseoir sur son dos
le dieu-éléphant
27 mai 2008
18:45 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : automate, danseuse, éléphant
14.06.2008
Le goût du pain
Ma cigarette a un goût de pain et mon âme minuscule a chuté plus bas, lestée de fatigue
il lui arrive de déserter sa caverne crânienne pour se réfugier quelque part dans mon ventre. Aujourd'hui, c'est le cas et c'est comme si elle se désintéressait de tout ce qui l'entoure
mon esprit s'est envolé happé par les airs, l'appel du ciel et des voyages, je le regarde déployer ses ailes d'oiseau aventureux et jouer sur les vagues du vent
il ne me reste qu'un corps donc, relié par un invisible réseau à l'oiseau là-haut et à la petite silhouette en lotus assise au fond de moi
il est bon ainsi de s'abandonner parfois à l'abandon
aujourd'hui j'abandonne le monde, l'espèce humaine ; je goûte encore à la joie, aux nourritures et aux peaux amoureuses mais ces douceurs du vivre ne font pas le poids, ne sauvent plus du désatre humain et des petites boutiques compliquées où nous nous engluons et les bêtes avec nous
j'abandonne la foi et l'espérance et laisse à l'esprit-oiseau et à la petite âme le soin de s'évader sans autres armes que leur instinct ou leur attente sans objet. Je confie ma vie à ces deux chose simples
l'espèce humaine est en effervesence ou malmenée par un maêlstrom dans lequel je ne me reconnais plus ; sa fin ne me touche pas.
Mai 2008
11:40 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : âme, abandon
12.06.2008
Plus tard il y aura le regret

Plus tard il y aura le regret
De n’avoir jamais appris ces langues
Le portugais, par exemple
Pour entendre de Ruy Belo
« la formule de la tendresse
et de la tranquillité »
et chaque poème de Fernando Pessoa.
Le regret forcément et la rage aussi
De n’avoir jamais su t’aimer à temps
Et d’avoir si mal ajouré la joue de Laura
Il y aura le regret d’avoir si peu fait semblant
Et d’avoir à le tenter perdu tant de jours
D’avoir aimé, fascinée, en tremblant, peu importe
Ces hommes que la mémoire ou la vague emporte.
Et ces chemins jamais parcourus ces appels de soleil
Ces rires enfantins trop innocents pour que je m’y égare.
Il y aura, incongrus, ces regrets de fanfare
Et ceux de n’avoir pas su, plus de dix jours
Renoncé aux rigoureux plaisirs de fumer
Guilers 4/04/01
18:49 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : regret
31.05.2008
Champollion, laura, l'os hyoïde et les lombrics
Le cartilage épiglottique a la forme d'une feuille dont le rameau s'insère dans l'échancrure du cartilage thyroïde.
les mots ne se trouvent pas dans mon cerveau mais dans ma gorge, plus exactement à la hauteur de l'os hyoïde.
Parfois, ils ne trouvent pas la sortie ou bien s'échappent rauques ou sifflants sous la pression des muscles laryngaux ; ou bien ils buttent sur le caillou épiglottique.
En ce moment les mots de la gorge sont divorcés des images de tête, ce qui est assez difficile à vivre. Le même inconvénient atteint parfois les gestes eux aussi coincés quelque part, dans des noeuds coulants, sous les tendons des mains ou plaqués sous la peau, englués dans les mailles d'un fascia. On peut concevoir des oedèmes formés par des gestes captifs.
A l'intérieur, il pleut des mots. Des paysages de tête, tombent les mots en grêlons qui se heurtent au goulet de la gorge où ils s'amasssent, se calcifient et deviennent, dans le futur, des fossiles.
Ce sera une découverte étonnante quand on trouvera, dans le futur, des fossiles de mots et Champollion sera nécessaire pour lire cette nouvelle pierre de rosette ; il s'arrachera les cheveux, ce Champollion neuf et fringant, car ces mots calcifiés ne sont que des résidus d'images, les gouttes de pluie d'un cerveau. Champollion sera déçu en tenant dans sa main cette pelote de rosette insensée.
Le corps en général est assez bien organisé mais il laisse la place à des fouillis, à des mangroves, à des bifurcations. On y rencontre souvent des armées en déroute, fusils en bandoulière et hâvresacs vides.
En général, le corps est bien organisé, mon âme miniature s'y ballade entre les replis constrictors et les chemins fibreux ; elle s'y perd aussi.
Mon âme pêche à l'envi les mots qui tombent et chutent dans ma gorge et les remonte grâce à sa canne à pêche en osier ; c'est une canne rudimentaire sans moulinet. Les mots prélevés frétillent encore mais sont souvent blessés par l'hameçonnage, c'est fatal.
Sans compter qu'un mot seul, isolé de ses congénères est un mot mort. Mieux vaut le rejeter à l'eau ; on l'entend alors toucher les eaux de la gorge et on le devine chuter au fond de quoi ? À la recherche instinctive de ses compagnons. Peine perdue.
Sans oublier qu'il existe des mots carnassiers envers d'autres mots plus débonnaires, pacifiques ou simples d'esprit. Les mots carnassiers n'en font qu'une bouchée. Toute cette histoire est un vrai carnage. Toute cette histoire se passe à l'intérieur de ma gorge, dans un lac d' eaux mortes sommeillant à la fourche de l'os hyoïde.
Fatalement certains mots rejetés par mon âme pêcheuse tombent encore plus bas et finissent en des endroits innommables ; fatalement, ils sont évacués, car le corps en général est bien organisé.
On peut ainsi trouver, dans la nature, de ces mots orphelins, blessés, solitaires et insensés et ces mots-fossiles découverts par le Champollion futur sont moins utiles que les vers de terre.
C'est pourquoi je vénère les vers de terre. Ceci est une ode aux vers de terre et aux lombrics. Les Egyptiens en avaient faits des animaux sacrés. Je chante les louanges des vers de terre du mésozoïque sortis des eaux voici cent millions d'années !
Laura enfant sauvait les vers de terre des coups civilisateurs et biseautés de la pelle. Elle les recueillait dans la coupelle de ses mains pour les déposer plus loin, en leur expliquant la raison d'un tel déménagement.
Ainsi je vénère les lombrics.
14 mai
15:10 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mot, lombric, âme, cerveau
24.05.2008
Le trio de Bénarès
sur les marches indiennes de l'escalier rouge, je suis assise dans une chaleur jaune
à travers la pellicule des eaux du Gange je vois flotter les paysages de la destruction, des guerres et des cyclones
les paysages des champs de bataille, des morts lentes et systématiques
je vois flotter ventre à l'air le cheval mort et hypnotique qui m'accompagne depuis la route des flandres
je vois machettes, haches, baïonnettes, viols ; un couple de vieux est assis au fond des eaux et fume une pipe en terre ; les mercenaires ne leur prêtent pas attention jusqu'au moment où ils brûlent les yeux de l'homme et tranchent la gorge de la femme
c'est la dernière image que je peux supporter
dans la chaleur jaune et la lumière poussiéreuse de Varanasi-Bénarès, je suis venue mourir. Les femmes-safran descendent les marches indiennes. A mes côtés sont assis un dieu à tête de singe et un dieu à tête d'éléphant. Je ne connais pas les attributions de ces dieux ; ils sont venus mourir ici.
Les eaux du Gange gonflent et lèchent les marches du ghat ; Hanuman, Ganesh et moi allons être avalés et nous sommes soulagés de faire partie de cette fin de partie. Je suis heureuse d'être accompagnée en silence des dieux désabusés. La dernière vision qui surnage au-dessus de ma tête c'est Gilliatt sur le rocher Gild-Holm-'Ur, inondé par la lumière ocre de Bénarès qui devient la lumière intacte du ciel et de la mer nus.
Nous ne sommes plus qu'un souvenir. Et je ne sais pas de qui nous sommes le souvenir.
Mai 2008
19:15 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bénarès
17.05.2008
Des lieux de Anne Jullien, enfant-fille en Finistère et Anjou du 20e siècle
la Grand Pierre de la Maison de Mesgouez
les Dalles Chauffantes de la Plage du Bourg
la Mare aux Crevettes Cachées
le Champ aux Fougères
le Rocher de la Noire Illumination
le Petit Chemin aux Papillons
la Pampa du Jardin des Vieilles Filles
le Petit Ruisseau où lâcher des Grenouilles
l'Allée Verte des Célibataires
les Bancs de Pierre de la Petite Cour
le Puits
les Murs aux Lézards de la Petite Cour
le Champs Communal de la Pierre à Feu
les Garennes du Camp Romain
le Lavoir de Mesgouez
le Lavoir de la Plage du Bourg
les Creux des Rochers où s'asseoir face à la Mer
l'Horizon des Iles ou le Mirage au-dessus de l'Océan
les Chambres des deux Grands-Mères
les Talus d' Escalade
le Rocher du Grand-Père Bellec
la Route des Chevaux de la Marine
le Rocher de la Brioche ou la Victoire sur la Peur
le Champ de Foire
le Hangar aux Grains du Grand-Père Péan
les Rochers du Plongeon
la Plage de Penfoull le Dimanche Matin
les Lieux de l'Eblouissement
les Herbes des Caresses Coupantes
le Fossé de l'Argent Volé
le Mur de la Pierre qui Tombe
le Chemin aux Orties de la Pierre Tombée
les Dalles de l'Attente
les Garennes de la Pétrification
la Grange de la Traction Avant Noire
le Jardin des Bâteaux en Construction
le Jardin des Avions en Construction
la Maison aux Pièces Sombres
l'Arbre aux Conversations
le Donjon de la Folie
le Menhir autour duquel on Danse
Les Recoins de l'Eglise à l'Odeur de Pisse
la Place de l'Agression
le Placard aux Ambiguïtés
la Bigorne ou la Première Escapade Amoureuse
le Lit des Fougères
la Plage des Curés qui tourne le dos à la Plage des Dames
Mouzou ou le Rocher de l'Ange en Prière
la Chambre aux dessins d'Ours de Pierre
le Lit de Saint Budoc
la Plage aux Eaux Translucides
la Ferme aux Lapins et aux petit Pois
le Jardin de Tante Mimi
le Marais de la Sage-Femme Sauvée
la Corde du Clocher de l'Eglise
les Haies de Chèvrefeuille
l'Allée de la Guerre aux Gravillons
la Chambre Verte de la Presqu'Ile
les Dunes aux Oreillers de Mousses et aux Romarins
le Sable aux Coquillages et aux Bouts de Verre
le Rocher au Profil de Géant
la Nuit des Chauves Souris
les Trois Pins aux Aiguilles Rousses
Les Marches du Cabinet
l'Escalier Raide qui Mène à la Chambre de Grand-Mère
le Virage de l'Escalier aux Glissades
le Vestibule aux Dalles Noires et Blanches
le Guéridon du jeu de Dames de Grand-Père
Les Nuits de la Corne de Brume
avril/mai 2008
12:31 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lieu, enfance
15.05.2008
Des lieux de Yuan Hongdao voyageur et sous-préfet dans la Chine du 16e siècle et mort à 43 ans
La Colline du Tigre
l'Etang aux Epées
les Monts du Lac Céleste
le Mont des Mille Arpents de Nuages
le Kiosque de la Littérature
le Roc de l'Ame (Mont des Pierres à Encre)
la Terrasse du Luth
le Lac des Barques
le Mont du Bonheur Rayonnant
les Monts du Noir Tombeau
les Monts de la Fosse de Cuivre
le Pont de la Montagne du Tigre
le Mont du Sésame Vert
la Forêt du Tigre
l'Autel du Dragon Blanc
la Porte des Flèches
le Mont de la Grotte de l'Est ou la Mère du Scribe
le Pic du Lointain Flou
le Pic du Sire de Pierre
le Val de la Fraîcheur estivale
l' Ile aux Cent Fleurs
le Mont Bienveillant
le Pavillon du Vent d'Automne
le Mont Solitaire
le Pic du Tonnerre
le Pic Venu par les Airs
le Pic du Lotus
la Grotte aux Fumées Irisées
la Chambre de Pierre
la Grotte au Lotus
le Pavillon du Calme Séjour
le Pavillon des Orchidées
le Mont des Yeux du Ciel
la Passe de la Mort
le Mont qui Touche aux Nuages
les Pierres des Dix Mille Chances du Pic des Cinq Vieillards
la Terrasse des Pierres qui Tombent
la Grotte des Bruits de la Marée
les Cinq Cascades
lePetit Mont de Pierre
le Mont d'Or
le Mont Calciné
le Pic Nuageux
le Pont de la Ravine de Brocart
le Paravent aux Neuf Plis ou le Pic des Neuf Bannières
le Pic du Vaisseau de Fer
le Rocher où l'on Sonde les Coeurs
le Roc de la Main du Bouddha
le Mont de la Pure Fraîcheur
le Roc de l'Adieu au Corps
la Gorge de Jade Bleuté
le Mont du Brûle-Parfums
la Grotte du Cerf Blanc
la Source des Pêchers
le fleuve du Cheval Blanc
le Torrent Plein
le village des Herbes de Sable
la Falaise Verseuse d'Eau
la Roche Percée
la Falaise de la Paume de l'Immortel
la Falaise du Coeur de l'Eau
le Torrent du Filet de Pêche
Avril 2008
10:40 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Hongdao, paysages, noms de lieux
07.05.2008
Jacques Maillol
les visions relèvent de la pulsion scopique
et les visions relèvent de la méditation en lotus
donc la méditation en lotus relève de la pulsion scopique
ou bien la pulsion scopique relève de la méditation en lotus
ou bien la méditation scopique et la pulsion en lotus sont une seule et même chose
ou bien
À la nuit tombée j'ai pris une échelle pour atteindre ma chambre crânienne ; arrivée au dernier barreau,j'ai percé la fontanelle d'une aiguille endoscopique de façon à observer ce cabinet de curiosités. J'ai laissé dans l'ombre les angles morts à cause de la courbure de mon fibroscope ; à regrets.
En dehors de la chambre à merveilles, la pluie d'avril me transperçait de ses myriades d'aiguilles gelées d'acupuncteur expérimental ; par bonheur je m'abritais sous un drôle de parapluie de tête aux couleurs de la Jamaïque ; sous un lampadaire, quelqu'un attendait. L'oeil collé à mon télescope, je me suis balladée, consciente d'être en même temps la regardée qui regarde et que l'échelle des valeurs ne pouvait être la même ici et là ; où je me trouvais toutefois au même instant.
Mon oeil à la ligne passait en revue les merveilles et les licornes repues, focalisait sur des souvenirs hypothétiques quand
mon âme brindille m'est apparue telle jacques maillol remontant en droite ligne des abymes en recherche verticale de la lumière, sans précipitation mais avec une angoisse apnéique de ne jamais la retrouver
puis telle un yoyo je me suis vue glisser dans le sommeil comme le plongeur dans la mer jusqu'à devenir élément de la mer, particules mouvantes de l'eau, objet de la mer, fortune de rêves. Les poissons-rêves se nichaient contre mon corps comme dans les trous et les cavernes d'une épave et je respirais à mon tour par leurs branchies
jusqu'à l'asphyxie
qui mène au réveil brutal
sans les paliers de décompression, vitaux.
C'est ainsi que je suis tombée de l'échelle, au beau milieu de mon lit
30/04/2008-01/05/2008
18:48 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : mer, vision, sommeil








