05.09.2009
credo
credo
aujourd'hui je vais prendre la parole
pour dire les gouffres, apanage des poissons
je ne crois pas à la lune aux astres chimériques
je crois en la matière frivole aux ludions atomiques
je crois aux submersibles, aux automobiles
à la poussière roulante du far-west
aux quadrillages de brest, vestibules de lumière
à toutes les expériences hypnotiques
qui font du cerveau un nid de fariboles
je crois aux gouffres, apanage des poissons
je crois aux messages des mensonges futiles
à la grâce des derviches-tourneurs
à la danse
je crois au passage à la boue à la glaise
aux miracles limpides du chant des merles
à l'odeur du chèvre-feuille toujours et encore
l'odeur du chèvre-feuille, à l'impromptu du soleil
qui joue sur des cordes tziganes
je crois à la fin, à la mort, aux chagrins
aux rêves des ingénieurs fous
au bémol plus qu'au dièse
je crois à l'impermanence des âmes et aux pluies de juillet
à l'entrelaçant lasso des efforts et des désirs
je crois aux gouffres, apanage des poissons
15 juillet 2009
18:06 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : brest, credo
24.08.2009
je choisis mon enfance
je choisis mon enfance
je choisis mon enfance je me dépareille du vécu dit vrai
des visages taiseux et des paroles par derrière
je renie ce lieu qui ne fut pas seulement de merveilles
et dont le nom toujours je l'ai détesté porspoder
comme une honte un quelque chose de sale et de pas noble
je l'ai chanté beaucoup et sur la crête des vagues
les sentiers les mousses et les fougères
mais sous la terre il y avait des puits sans fonds
d'eaux amères et des secrets de pendus
de la folie dans les donjons et des héros
qui la mort n'apportaient que
il aurait fallu être garçon, savoir marcher debout
en semelles ou pieds nus mais le coeur au ventre
et pas tapie au fond d'un coeur de fille
dans ce lieu de magnifique beauté les femelles
tristes ou grises ou secrètes et folles
devaient rêver dans leur cuisine à d'autres envolées
moi par exemple je suis une enfant trouvère
tombée dans une fosse familiale alors que
je gambade derrière le montreur d'ours et j'écoute le soir
la guitare gitane, je vais par les chemins en jupe
décousue aux ourlets et je m'endors au soleil ou à la nuit
dans le giron du tendre titan si grec et si universel Zorba
mais dans le vécu dit vrai il y avait toujours quelqu'un à ma place
pour vivre la vie, quelqu'un à ma place
pour marcher au-dessus
et raconter bien haut et fort les aventures des crapauds
et les étoiles et les montagnes et les émerveillements
celui qui voyage porte avec lui les médailles de l'orgueil et de la sagaie
les rêves c'était femelles et prudence et collier
je m'invente une enfance autre que mon enfance terricole
sans bijou aux poignets au cou aux doigts
je m'assois nue sur le sable, ma jupe décousue aux ourlets
relevée sur mes genoux
que j'égratigne aux arbres et les yeux froncés des adultes chrétiens
sur les amours intenses de l'enfance je les jette sous les pattes des ours
mais peut-être ne m'a t-Il jamais aimée et des adultes ce n'était pas
leur faute
la blessure au coeur de cet amour sensuel mort que je voudrais guérir
l'enfance est sexuelle ; zorba et les fougères et les algues sous l'eau le lancinent
toute la vie d'après mais sous les pieds joints par un clou,
regarder d'en bas le corps du supplicié
est une image qui condamne à vie la vie
et le retour patrimonial au lieu fondateur
ce pèlerinage de tous en ce lieu qui piétine les puits et les cavernes des enfants
ces retrouvailles factices sur de la cendre, je m' y plie une dernière fois la nausée
au ventre et agnès en est morte
qui l'aimait tant
31 juillet 2009

13:48 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : enfance, porspoder









