24.08.2009

je choisis mon enfance

 

je choisis mon enfance

 

je choisis mon enfance je me dépareille du vécu dit vrai

des visages taiseux et des paroles par derrière

je renie ce lieu qui ne fut pas seulement de merveilles

et dont le nom toujours je l'ai détesté porspoder

comme une honte un quelque chose de sale et de pas noble

je l'ai chanté beaucoup et sur la crête des vagues

les sentiers les mousses et les fougères

mais sous la terre il y avait des puits sans fonds

d'eaux amères et des secrets de pendus

de la folie dans les donjons et des héros

qui la mort n'apportaient que

il aurait fallu être garçon, savoir marcher debout

en semelles ou pieds nus mais le coeur au ventre

et pas tapie au fond d'un coeur de fille

dans ce lieu de magnifique beauté les femelles

tristes ou grises ou secrètes et folles

devaient rêver dans leur cuisine à d'autres envolées

moi par exemple je suis une enfant trouvère

tombée dans une fosse familiale alors que

je gambade derrière le montreur d'ours et j'écoute le soir

la guitare gitane, je vais par les chemins en jupe

décousue aux ourlets et je m'endors au soleil ou à la nuit

dans le giron du tendre titan si grec et si universel Zorba

mais dans le vécu dit vrai il y avait toujours quelqu'un à ma place

pour vivre la vie, quelqu'un à ma place

pour marcher au-dessus

et raconter bien haut et fort les aventures des crapauds

et les étoiles et les montagnes et les émerveillements

celui qui voyage porte avec lui les médailles de l'orgueil et de la sagaie

les rêves c'était femelles et prudence et collier

je m'invente une enfance autre que mon enfance terricole

sans bijou aux poignets au cou aux doigts

je m'assois nue sur le sable, ma jupe décousue aux ourlets

relevée sur mes genoux

que j'égratigne aux arbres et les yeux froncés des adultes chrétiens

sur les amours intenses de l'enfance je les jette sous les pattes des ours

 

mais peut-être ne m'a t-Il jamais aimée et des adultes ce n'était pas

leur faute

la blessure au coeur de cet amour sensuel mort que je voudrais guérir

 

l'enfance est sexuelle ; zorba et les fougères et les algues sous l'eau le lancinent

toute la vie d'après mais sous les pieds joints par un clou,

regarder d'en bas le corps du supplicié

est une image qui condamne à vie la vie

et le retour patrimonial au lieu fondateur

ce pèlerinage de tous en ce lieu qui piétine les puits et les cavernes des enfants

ces retrouvailles factices sur de la cendre, je m' y plie une dernière fois la nausée

au ventre et agnès en est morte

qui l'aimait tant

31 juillet 2009

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