31.07.2009

de la mer

de la mer


de la mer je ne connais que les images

la surface

ni les abysses ni les cheminées ni les volcans sulfures

la géographie des cavernes où se tapissent les langoustines

taupes océaniques à l'affût des menaces

ni les failles, les grandes dorsales ni les squales

le gonflement des vagues la poussée des courants et des vents

les plaines abyssales que je mesure en songe

mes rêves sont les instruments exploratoires, gliders glissant sous les surfaces

bathyscaphes obsolètes et périlleux, alvins et nautiles aléatoires

de la mer je ne connais que les ruses des pensées

qui usurpent les formes et se jouent de leurs sexes

les imitateurs des labres et des murènes

les eucaryotes fourmillants des colonnes frémissantes, fumeurs noirs

grouillant de vie, improbables oasis sans lumières

de la mer de la mer

je ne connais que les images

les yachts scintillants des quais de Brest et de l'horizon caraïbe

les proues de métal et les cordages tendus

les algues pourissantes qui flottent chevelures de folles sous les pontons de nuit

et ta main dans ma main

de la mer de la mer

de la mer à la mer

de nos poumons noirs oasis improbables où anges et poissons usurpent leurs sexes

de la mer je ne connais que

les abysses martiens où les cadavres plongent à la recherche

d'une main d'ange

je ne connais que gilliat et la mélancolique force

de l'homme rêvé à l'impuissance hypnotique

de la mer de la mer

gilliatt absorbé gilliatt englouti


sous les eaux territoriales de métropole

20 000 sous-marines épaves gisent

 

 

26/07/2009

26.07.2009

le Queen-Mary

 

le queen-mary


je lis des livres qui m'effraient et me chavirent


les yeux levés sur le Queen Mary

je fais partie des badauds à quai

étrangère

au rêve de s'embarquer


je n'écris pas pour les mouettes


le paquebot à lui seul est un rêve

technologique ; sous le charme du géant

je reste à quai ; ses sirènes mugissent et rivalisent

avec le vent


calée entre mes hanches

je tente de vivre sans fumée

au sternum, une déchirure

par laquelle je bascule

dans un liquide insipide

étourdie d'ammoniaque

je vais mourir asphyxiée

par là où j'ai pêché

et bravement tenté de vivre

les mondes à venir

ne sont déjà plus les nôtres

et les vies secrètes de nos enfants

y poussent leur front et leur muffle

leurs maladies les accompagnent


nulle joie ne m'est naturelle

tapie sous mon lit

la joie orange résiste

je la débusque elle feule

la joie griffe et se débat

mon cerveau s'éparpille dans mon corps-paquebot

je respire par l'anus pense par la plèvre et colorise par le vide

je n'écris pas pour les mouettes

j'ai la pensée ventriloque


je vais mourir d'une déchirure à la plèvre

aspirant les eaux, l'air, les insectes

les mauvaises herbes et le pollen, à mes lèvres

un poème

prière de païen

 

19/07/2009

15.07.2009

la thérapie d'une bandar-log

la thérapie d'une bandar-log

Il est temps de dire en ce jour Qui
est monsieur l'énigmatique Kaa
couteau suisse, kit de survie, trousse de secours et vanity
l'hypnotique Kaa me rend vivante à la vie

il m'invite dans les volutes
de son chant de python et me précipite
dans les tourbillons anacoluthes
de la mangrove où gisent des pépites

la mangrove c'est mon cerveau
à qui je dois monts et merveilles
mais qui souvent me fait la peau
en oubliant le coeur qui veille

monsieur kaa est tout ce que craignent les singes
dans la jungle ; c'est ce que dit kipling
parce que son regard transperce leurs méninges
et court-circuitent leur immoral zapping

il met à jour leurs épileptiques pensées
s'amuse de leurs rondes et de leurs jeux de dupes
d'un regard vert il envoir blackbouler
farces et ballons qui sur les branches les culbutent

quand à monsieur kaa je rends visite
je suis encore en tenue de bandar-log
membre de la faune burlesque ou stupide
je ne suis de moi-même qu'un prologue

monsieur kaa dépose à mes pieds mon cerveau
endort mes défenses et m'offre un surréel voyage
de ma mémoire hypothétique s'envolent des colibris volages
et mes moutons sautent les passages à niveau

à l'heure de retrousser mon cerveau malade
je pousse le cri des bandar-log, un dernier han guttural
j'abandonne les branches et les lianes tropicales
et je remercie Kaa de cette salvatrice noyade

il s'amuse et encaisse son chèque
me laissant libre de mes rêves pervers
nous nous serrons la main de manière simiesque
et je reviens aux jours pour écrire des vers


à D. B. et Rudyard Kipling
juillet 2009

13.07.2009

maman et les mouches

 maman et les mouches


 

 

je rejoins ma mère par les mouches

quand dans la cuisine, je chasse les mouches, c'est elle que je vois

agacée de son agacement je croyais que maman vivait bien au-delà des mouches

aujourd'hui je reviens à ma mère ses bras, que j'aimais tant, j'ai les mêmes bras

je comprends

l'agacement des mouches ne cachait rien de plus secret

que la paix alertée par ces bombardiers de série

les gestes fous contre les mouches ne cachaient rien de plus périlleux

qu'une joie sensuelle cariée par des seringues volantes

je rejoins ma mère par les mouches maîtres selon bouddha

je rends grâce aux mouches à maman à l'été aux cuisines à la vie sensuelle à l'amour

qui a l'éternité devant lui




7 juillet 2009

guerrier-hologramme

guerrier-hologramme


aujourd'hui je me suis laissée au fonds de mon puits

et j'ai abandonné le volant de mon véhicule

à mon hologramme boule-à-facettes

j'ai rempli mon caddie

chacun n'y a vu que du feu


sont-elles nombreuses les silhouettes que je croise

à cacher dans un coin, un recroquevillé

si effrayé par la sentence et la joie

de vivre

qu'il en invente des ectoplasmes et des guerriers

pour en son nom aller

sur les quotidiens et lassants champs de combat ?



2/3 juillet 2009

07.07.2009

Vynile aurore

Vynile aurore


il n'y a pas de révélation

il y a des blessures natives

des structures de perdition

chargées de rêveries

des murs derrière les murs

et des rêves qui abusent

d'infantiles crédulités

ces rêves de nuit dénudent les fils électriques

et laissent les rêveurs dénudés le jour


les amours de nuit rêvées

revêtent à la lumière leurs gaines de silicone

multicolorées de polyuréthane

l'homme et la femme que tu rêves

sont à l'aurore, isolés des courants d'âme

les peaux et les regards, isolés des dangers électriques

tu n'as autour de toi que des personnages en PVC

ni l'humidité ni le froid ni le vent

n'entame leurs volets

les hommes et les femmes rêvés à l'aube viennent à toi

claquemurés porteurs d'acrylique et de vynil

les merveilleux se transforment en ogres polystyrènes


tu viens à eux aussi friable que soies sur des papillons les ailes

un froissement de doigts peut seul te détruire

ainsi garde en toi à mesure que le temps t'efface ton disque imaginal


il n'y a pas de révélation

il y a de l'enfance

des structures inguérissables

 


5-6 juillet 2009

 

 

 

 

 

04.07.2009

La fin des choses

au bord de l'eau

la fin des choses


interroge


la pleine lumière

les cris des enfants

le sable


l'horizon

les parfums de chèvre-feuille

et d'algues


un voilier

le vent sur ma nuque

de dos

je regarde toujours

de dos


cela, le comble des merveilles

est en exil au bords extérieurs

d'un cercle


où je suis


au bord de l'eau


la fin des choses


interroge

 

 

 

2 juillet 2009

poème dédié

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