30.06.2009
Mémoire mélancolique
Deux poèmes : Un long voyage pour un peu de lumière
ICI (Rouge marée)
Les tendresses miraculeuses
la caresse d’une main ouverte
un nid inattendu
le corps-sexe révulsé-velours
Les tendresses miraculeuses – définitive mort de la paix
je reviens blessée
la neige sur les sommets des Pyrénées
les courbes des montagnes
des collines les dessins
les ombres et les absences de Dali ta main
cherchant la mienne une nuit somnambule
les nuages du dessin de la femme que je suis
les oiseaux-jacasseurs du patio de Sainte-Eulalie,
la pluie tropicale des arbres aux pavés de Barcelone – quelle mélancolie sous la pluie de Barcelone
après la nuit somnambule ma main
qui cherchait la raison
et qui cherchait sa maison
le retour des énigmes de l’enfance et de la colère
qui es-tu pour m’accorder tant de violence ?
une œuvre du désir – la tristesse
Je reviens le cœur en larmes et le ventre effaré
en pleine erreur
de toi
***
je ne sauverai que ta main gauche
tes épaules et la chaleur de ta voix – sans la rocaille et les déserts
toi, je t’emmènerai en bateau à vapeur, en avion, en train-pulmann jusqu’à
Istanbul, Lisbonne, Oslo – simplement pour que tu prennes mon cœur dans ta main.
De toi
La peau les entrailles et jusqu’à
Ton sourire
Je le jette aux chiens
Mon corps et cela qui frissonne
ne résisteront pas n’ont pas résisté
Peut-être se jetteront-ils
Au feu
Pour sauver même ta cruauté ?
Alors mon cœur à son tour
Ne résistera pas
Mais de toi
Je garderai – et c’est ainsi que nous nous reconnaîtrons - ta main gauche, les cinq doigts de ta main gauche, la paume
ouverte, l’envers des ongles, là où ce que nous avons d’unique est un tatouage d’écorces invisibles, les empreintes – oui l’envers des ongles
là d’où la caresse est affolante
***
aujourd’hui 14 mai 2004
je tiens le sabre qui brûle les yeux de Michel Strogoff
les éoliennes font tourner le vent
et je ne connais pas le nom des fleurs rouges et violettes du bord des routes
d’Espagne je voudrais ne pas ramener
de chienne ni de martyres aux yeux percés
la poésie est dure à vivre la poésie
dure à avaler
parce que sont réelles les blessures
la poésie est une chanson de malheur qui sauve du vivre et de la vérité elle culbute toutes les choses raisonnables elle est le pont à haubans aux dix mille filins
au-dessus de l’Elorn
elle est l’avion l’aile et la plume la poésie
dépasse les bornes
Oui ici
Je peux rouler mon amour l’enrober rouler des yeux du cul sous la vague
tituber dans les rues inimaginables du feu les rues
Je peux retourner mon cœur comme un gant et mon sexe et ma langue, devenir une femme à l’envers,
ici, ne pas mourir
Ici, ne pas laisser mourir
en poésie les images ont leurs images et la raison toute sa désinvolture
J’écris depuis la paume de ta main je bats encore de l’aile un peu des paupières
Mon cœur est prêt de s’arrêter
De peur que tu ne le retiennes plus de peur que tu le laisses
Aller, mon cœur
Palpite ici il n’y a pas d’autres lieux et ta main
A laissé partir mon cœur et mon amour – mais il n’y a pas d’ailleurs où vivre tu sais ?
Alors mon cœur s’invente un autre nid un mensonge une délicatesse une douceur
Une chaleur mon cœur s’invente une autre main gauche un poème
Où ne pas vivre
Mais où ne pas mourir
Où ne pas vivre ou ne pas mourir
Les mendiants des Ramblas
A exhiber leurs moignons
Je leur ressemble
Ils exhibent ce qui manque
L’erreur absolue
***
Toulouse
des heures avant d’arriver
A quoi ? au départ de la boucle aux bouches inutiles
A la définition de la mort
Non ! revenons ici
Où la coupe est pleine où tout déborde de chair et d’orgie de lait où d’une caresse somnambule un homme ouvre une femme sans phallus sans fantôme sans foutaises d’un seul accueil lui-même accueilli
ici où ma joie demeure
et meurt
à l’infini mourra
Bordeaux
Combien de temps un corps se laisse-t-il mordre et poignarder par une chose morte ? Y a-t-il une infirmière pour panser les transparences des blessures et le trou béant dans la glace ?
Les visages sont mensongers ils sont poétiques
Seules les mains n’ignorent pas les secrets – je les sauverai toujours des chiens
Le reste de nous est en guerre
2004 (2009)
***************************************************************************************
je viens à toi
par des chemins de nuit
donne-moi la main
et dépose ton regard
dans mon regard
alors la nuit s’étoile
et à travers ses ombres magnifiques
je viens à toi
par la lumière
2004
10:32 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : espagne, toi










Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://histoiresetautreshistoires.blogs.letelegramme.com/trackback/43514
Commentaires
J'aime beaucoup le premier ; encore une question de rythme, sans doute. Et son côté hypnotique.
Ecrit par : Ronan C | 30.06.2009
merci Ronan...
Ecrit par : anne | 30.06.2009
Ecrire un commentaire