31.12.2008
Le chat, la grenouille et la grue
réveillée par mes pensées je me demande si je ne déçois pas mon chat
***
allongée je suis dans mon lit un chat-coquillage à mes côtés
ni désir ni volonté ni envie
fondue dans le vide de cette image je me retrouve dans une cellule capitonnée dans laquelle quelqu'un crie et se débat
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les gens et les choses réelles n'ont ni la délicatesse ni la soie de nos rêves ; seul le minuscule assis sur sa pierre-nénuphar déploie la lumière de ses yeux au-delà de nos meurtrissures et de nos babioles
l'ampleur de sa vie contient tous les paysages et tous les mouvements de la géographie
une seule de ses visions apaise mon cœur humain et ses symptômes – un seul de ses voyages mentaux esquisse l'élégance du vol de la grue
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de ce regard le regardant je ne déçois pas mon chat ; la vie matérielle n'est que marbres et palissades ; aucun voyage lointain ne m'émerveille autant que les sensations revisitées de mes voyages lointains ; une seule image miraculeuse, une seule odeur suffisent à m'accompagner une vie entière
***
la façon que j'ai trouvée de combattre les marbres et les palissades c'est de ne pas en moi les ériger ; toute une vie n'y suffira pas
je retourne sur mon nénuphar, mes pensées comme une grenouille de haïku, aux côtés de mon chat, dans le bruit de la cascade argentée
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est-ce un paradoxe que le véhicule des plus grandes visions et des plus grandes évasions soit exactement un corps et voluptueusement un corps dont chaque vision précisément s'évade ?
Guilers, 24/12/2008
15:42 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : vision, corps










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