« Les mots massaï | Page d'accueil | la gueule blanche »
20.09.2008
Où que je sois, la mer, je l'invente
Onde que eu seja, o mar invento-o
Je ne me reconnais qu'à mesure que j'avance. La validité du lien avec celle qui fut, le temps qui passe l' abolit . Entre mes âges passés et mon âge momentané , la filiation se dissout.
Aussi ce qu'à l'instant je suis ne sera pour mon âge futur qu'une silhouette,
une esquisse étrangère.
je me suis réveillée sans amour ; allongée dans ma barque glissant sur le lac métallique
on naît apte à la vie et à l'amour
ou non
peu importe après tout les mises en scène, les fioritures, les accessoires
mais pour nulle autre vie, pour nul autre amour je ne prendrai « le train de nuit pour Lisbonne »
flotte le rêve de s'éveiller un matin plus estimable, plus courageuse, plus autre que soi-même
mais ce matin je suis protégée par les flancs de ma barque, dessinant à l'oreille des mots lusitaniens que j'oublie aussitôt et qui se défont au ciel ; j'écris en retenant de mes mains des sanglots, je vis en retenant de mes mains des songes
j'ai la nostalgie de moments et de lieux que je n'ai su goûter en lieu et heure, la nostalgie de ce qui ne fut jamais ; c'est une nostalgie oxymorale dans laquelle je crains un jour de me noyer
je me suis réveillée sans amour
et c'est un grand désarroi que de se réveiller sans amour, c'est l'os nu du coeur et je pleure de ce coeur sec
laura enfant goûtait les mangues cueillies par franck ; elle n'existe plus en aucun lieu sinon le souvenir de franck
ce qui nous semble tangible n'est déjà plus que nuage flottant ; il pourrait arriver que je pleure sur la perte de laura enfant lors même que ce que j'aime le plus sincèrement au monde est de la regarder vivre et grandir
mais cette perte réelle du passé qui transforme de manière aussi négligente ce que nous avons à l'instant de plus précieux, en nuages, en ce quelque chose d'aussi immatériel, d'aussi peu fiable qu'un souvenir, cette perte j'en suis parfois inconsolable
puis-je savourer le réel quand je sais qu'une caresse non donnée est une caresse irrémédiablement perdue ?
nous ne sommes que silhouettes d'images flottantes
Saint-Etienne, Paris, Guilers 23-31 août 2008
18:17 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : amour, nostalgie, identité, portugal
Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://histoiresetautreshistoires.blogs.letelegramme.com/trackback/30099
Commentaires
Des deuils permanents à faire tous les jours de que nous fûmes avec les autres et de ce qu'ils furent aussi.
Quelques photos parfois ravivent cruellement nos fantômes intimes. Voir derrière les rides et les peaux rassies les minois évanouis besse le coeur , mais ces douleurs sont universelles.
besos
Ecrit par : Kersandi Aile | 22.09.2008
Un passé perdu qui nous retrouve toujours......
biz
Ecrit par : michèle | 20.11.2008







