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07.09.2008
Les êtres humains du lendemain
D' autres gens me parlent de hautes énergies, de vibrations, de résonnances
coqs gonflés à l'hélium ils jabottent sur les ondes les quarks et les quantas
quand ma cohorte de personnages en pétales ne proposent à la ballade
que du brut, de l'épais, du corps à corps
quand je vois un arbre frémissant ou cet autre à la courbure insolite,
de le voir me comble ; je ne vibre d' aucune onde, je n'entre en écho avec nul autre son
je suis dans l'immédiat émerveillement de l'arbre vu
mais je ne me moque pas de ces gens et de leurs lunaisons
car ils manifestent entre eux de la bienveillance et du respect
ces gens me voient et ne me jugent pas
ils sont les êtres humains du lendemain
au début je voulais emprunter l'ascenseur mais j'ai craint le changement brusque de paysages et les hauts-le-coeur
je suis donc descendue aux étages inférieurs de mon corps par des escaliers en spirale, accompagnant ma vue au rythme de mes pas comme si je marchais sur la coulée de pierres d'une rivière évaporée. La descente est aventureuse et réclame toute l'attention des chevilles et du bassin. Au bas du chaos des orgues de pierre, souvenirs de lave, je suis arrivée au seuil d'une clairière close-ouverte, dans lesquels des humains se balançaient dans des hamacs où ils déposaient leur hâte, tout comme parfois je dépose ma tête. Ce jardin miraculeux était à la fois un jardin réel, un jardin de paysage mental et la lagune de mon estomac. Mais il fallait descendre encore jusqu'au village médiéval dont les rues serpentaient plus bas, longeant des ruines de maisons en pierre, sur lesquelles dormait la sculpture d'une salamandre. Là, au bord de la rivière, quelqu'un m'a raconté l'histoire du pont de pierre (une arche pure en forme de sourcil protecteur), du diable, du maire du village, du chat et de l'échange d'âmes.
Plus tard j'ai croisé une jeune fille assise sur un muret, ses chaussures à ses côtés puis une fillette occupée à couper un fil à l'aide de ses doigts en forme et office de ciseaux.
C'est pourquoi je ne me moque pas de ces gens et de leurs lunaisons
Usson en Forez Août 2008
12:10 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lunaison, sensation







