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04.08.2008

Visions cliniques

Au gré de mes pérégrinations ambulatoires, j'ai laissé là yoda sur son galet pour des rencontres stupéfiantes
à la hauteur du cervelet un prisonnier hagard, recroquevillé en quatre dans une manière de rubicube à facettes transparentes, en attente stupide, le sourire pétrifié de Gwinplaine en estafilade, regardait vers

je suis née d'une vision floue et je soupçonnai aussitôt ce malodorant d'être en réalité un adepte du transformisme instantané ; selon la facette du rubicube que je fixais, cet être-là changeait de forme mais jamais de posture : enfant du placard, enfant-moignon d' un vase en porcelaine, prisonnier de Louis XI, femme folle de la Salpêtrière, contorsionniste chinois ou impassible yogi...
victime sourde et aveugle des comprachicos ou des visions beckettiennes, mon prisonnier entrelacé de lui-même
dormait, vivait, rêvait, se délitait au fond de son ergastule en plein air

j'eus la vision d'un minuscule crapaud-accoucheur au creux d'une main humaine, en attente de délivrance, incapable de bondir, un maître zen peut-être ou edmond dantès oubliant sa vengeance et espérant du ciel une justice...

mon cerveau entretient et nourrit un nombre de personnages assez fantasques – mais je n'ai plus d'indulgence pour ces parasites de la pensée et de l'action. Je préférerais des guerriers mamelouks ou des chefs sioux

mon âme se réfugie parfois dans le corps de mon chat ainsi j'en prends connaissance. L'apparence est soyeuse et souple mais je vois cette forme velue guetter sournoisement sa proie ou quémander à force de miaulements et de caresses, sa patée. Si ce n'était pas d'un chat comment qualifierait-on cette attitude ? Or c'est de mon âme qu'il s'agit...


guilers 16 juillet 2008

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