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23.06.2008

playmobil et couleuvre

les petits personnages
mélancoliques toons ou ravissants
construisent des digues, croisent les jambes et récitent des pièges à merveilles
ces petites babioles intimes
colmatent les brèches de verre et calfatent les quilles des vieux gréements à terre

(J’ai cru voir une petite taupe morte au pied du rosier)

évitent les éclaboussures des voitures intrépides quand les corps marchent sur le quai
devant les chantiers du Guip

mais
quand la marée monte
quand les visions meurent…

les miniatures courbent l’échine ; leurs rafistolages de marée basse et de mortes eaux craquèlent, les cordes et les amarres grincent, les dalles se disjoignent et le sel de la mer abrase les plaies
les miniatures jouent aux trois singes
ne fuient pas, ne se couchent pas, n’abandonnent rien
sinon la joie et la danseuse démantibulée, à fond de cale -chiffon

dans cet univers de playmobil, il n’y a pas de faute
une petite taupe morte
un guerrier avili
la mort peut-être
la chute des miracles dans la cour
et le paysage au-dehors rayonne sa beauté glaciale, wonderfull

les personnages bonzaï s’agitent sur le tarmac, en attendant que la mer redescende – l’attente dure 6 heures – ou qu’un hélicoptère surgisse et se pose, improbable équipe de médecins humanitaires en quête de mission

(marchant nu-pieds sur une allée bordée de fougères
j’ apprends,
que la mort est réelle)

(et pour ne pas devenir un chien enragé
j’abolis tout désir)

***

est-ce qu’un jour, je me lasserai de ce lieu ? des voix assourdies qui me parviennent de la vie des gens, du sifflement invisible des oiseaux, des clapotis de la mer et de leurs vagabondages, du sable ; du sable ?
est-ce qu’un jour, je me lasserai de ce lieu
où l’on a planté mon enfance et mon éblouissement
de ce lieu et de ses bruits de fond
que l’on prend pour du silence ?

***

quand les visions meurent…

reste l’espèce de brume de chaleur bleue qui fait onduler le ciel et la mer
ou bien
un brouillard neige-sale-d’après piétinement

ce qui est massif reste massif : les chevaux dos et croupes au vent

quand les visions meurent

restent un lézard, un bourdon ventru, un papillon commun et un papillon bleu pâle
les ombres des grands oiseaux qui planent à la surface des rochers
et la couleuvre d’esculape, la couleuvre qui entend les vibrations de la terre

pour avoir une chance de la voir, il faut descendre au sud de la Loire.




Argenton- Gwendrez- Penfoul - Guilers juin 2008

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Commentaires

Celui-ci mieux que le précédent, c'est dire !!!!

Ecrit par : Revolu | 23.06.2008

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