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28.04.2008
les allées du musée
Dans les allées du musée je me glisse à l'intérieur des statues immobiles et je regarde les visiteurs me regarder
je colle aux parois de leur intimité cachée qui est faite de stuc, de marbre, d'ivoire,de bronze et de solitude
j'aimerais n'être plus l'émanation et l'abandon de celui ou de celle dont les mains m'ont caressée ou les outils martyrisée
(marteau burin gouge ciseaux)
et que les visiteurs à leur tour osent porter une main sur moi invisible
collée aux parois des silhouettes internes de la pierre
mon coeur est un lapin palpitant de chaleur et de peur
l'implorante de camille claudel est ma soeur et son illusoire mouvement en a fini d'être immobile et brun d'algue
si seulement les visiteurs me regardaient les regarder
si seulement ils oubliaient l'artefact que je suis
en attendant je me coule dans un trou de terre veinée d'eaux
accroupie souterraine enveloppée d'humus, de feuilles, de graines
j'entends au-dessus les pas des visiteurs qui font s'effondrer sur le peu de lumière
la boue et le sable rapportés de leur insouciance
je préfère la couleur des peintres aux formes trop humaines des statues taillées dans une matière
toujours trop froide toujours trop figée même sous la torsion ou l'élégance
la couleur des peintres reste une lumière qui peut toucher au coeur
la couleur des peintres dans les allées froides des musées
Guilers avril 2008
18:28 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : musée, statue
25.04.2008
Deux poèmes revisités
l'absence de paroles des animaux
leur front opaque et leur vie musculaire
leurs regards sans remords
le cuir la fourrure les soies
le retour sans faillir à l'herbe à l'eau à la pertinence d'exister
plantés roulés en terre
23/09/2006 - avril 2008
et que simplement le sentiment ne naisse que de nos corps des plantes des rivières des sables et des eaux
et que le sentiment ne soit qu'un éclat de nos peaux qui jamais ne s'élabore en pensées
et gagne ainsi le coeur en jaillissant des sources et de la racine levée
et que simplement l'emboîtement nous mène au paradis des gazelles et des alizées
22/12/2007 – avril 2008
18:48 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : animal, amour, plante
24.04.2008
Histoires de fleur
9 avril 2008, j'apprends que la Reine des Prés ou plus modestement dimezell ar prajou,
en français de France se nomme filipendule ulmaire !
Filipendule Ulmaire soeur inattendue de Philippulus le Prophète
les journaux offrent certains matins des cadeaux parmi leurs lignes noires,
des manières de remède contre les céphalées.
Nul besoin de troquer nos cheveux contre des toques en peau de castor, vendus par les charlatans, les remèdes paysans que sont nos rêveries ont assez de vertu.
Filipendule Ulmaire donc
Filipendule Ulmaire, c'est moi
9/04/2008
18:18 Publié dans Ecrits et Expérimentation , Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fleur
12.04.2008
cerveau-3
les images alimentent la rêverie la rêverie alimente les visions les visions alimentent la concentration
la concentration alimente le sage désir
le sage désir est le désir qui n'attend que ce qu'il obtient qui n'attend ni ne veut
le sage désir est la joie
ce que je vois :
une plage à l'aube, la mer plane d'un dimanche de faux hiver, les pâles du soleil froid, la figurine d'un cargo ou d'un méthanier sur la ligne d'horizon, les maisons de la corniche, closes sous leurs volets et toi dans une transparence imaginaire
j'emprunte le banc qui est adossé au mur de la maison de michel et marine, je le transporte sur le sable face à l'eau océanique. C'est un dimanche de sabre. Les marionnettes psychologiques s'agitent et souffrent dans le décor qui lentement bouge : le méthanier, le sable, le banc, l'agacement de la mer sous une brise symbolique.
Je n'ai pas bougé d'un pouce, c'est cela le pouvoir de la vision.
J'escalade, personnage miniature le Mont Rushmore de mon visage ; une fois encore je me réfugie dans l'al-ibi de mon cerveau et là les figures des présidents d'Amérique s'estompent se déforment s'effritent et je retrouve Wakan Tanka.
Hébergée par mon cerveau, je ne suis ni mâle ni femelle, je suis dessinée brindille à la façon des figurines de françois place, plutôt philémon que laureline. C'est un constat qui me trouble. Mais ici, peu importe mon apparence, je me trouve à Paha Sapa et ma taille et mon sexe sont ceux de l'univers.
Ce qui me malmène ce sont les bruits, les sonneries de téléphone, les façons de conversation, les avions de ligne qui tranchent la nuit. Alors je développe mon cerveau de résistance, le cerveau bartlebyen et je m'enfonce au creux d'une image de fauteuil ou je m'allonge sur la mousse des dunes, une cigarette aux lèvres. Mon âme-brindille brille de malice et voyage au son des bisons ; elle peut être aussi obtuse que le front d'un bison.
Un afflux d'images arrive par les vaisseaux sanguins (il faut bien m'imaginer dans mon crâne), des boat-peoples cherchant où se poser pour vivre ; ils investisent les lieux, en haillons mais fermement résolus à me squatter. Je voudrais fermer les écoutilles, faire chavirer les navires, ne pas voir les visages et les mains, revenir aux lacs enchanteurs des décors zen et lustraux, libérer le Tibet en plongeant mes yeux dans les yeux de tara verte
ma ville d'ys corticale sombre sous les eaux, enfin engloutie, sous les algues, elle se fige et vague sous les limbes.
C'est l'heure des vaporetti vénitiens. Des images-touristes débarquent sur les quais, se bousculent, crachent leur salive dans les eaux de la ville. Je me prends la tête miniature entre les mains, je rêve de sable blanc et gris et de la mer quand la mer devient cette langue féline qui lèche mes pieds nus, quand la mer laisse derrière elle ses vagues sa monstruosité abyssale, sa masse de montgolfière et devient cette langue apaisée
Une image chasse l'autre quand j'ai de la chance ; sinon, elles se juchent l'une sur l'autre, obstruent les artères et chutent au fonds du puits sous le lac de mercure. Ne restent que des friches industrielles, des lambeaux de tapisserie et des élingues ou des sentiers de forêts dont les moindres branches craquent sous mes pieds.
Est-il temps de quitter Paha Sapa ?
Mon petit personnage spirituel autiste et libre ne connaît rien de l'altérité
24/03/2008 - 02/04/2008 Guilers
19:25 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cerveau
07.04.2008
Les fées mères
Les fées mères ne durent pas
un jour elles se détachent
et la pluie de mars
envolent leurs caresses ici là
le temps passe
ou c'est nous qui passons
dans le temps immobile
mars 2008
17:50 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : temps
02.04.2008
cerveau-2
Je me demande
comment il se fait que de tant de matières,
se déplient se développent s'épanouissent ou se flétrissent des images ? des mots ? des abstractions ? Et comment s'incrustent dans les plis et replis du boa ou sous la voûte corticale les souvenirs sous forme d'images aussi qui ne sont plus qui ne sont rien qui ne sont ni bois ni pierre. Je me demande
alors je marche et je poursuis mon aventure
des flèches électriques et des petits bâteaux chimiques, des câbles, des filins, des mousses et des liquides, des membranes protectrices comme les mères-araignées...
je traverse en personnage minuscule ces territoires ou je joue les funambules motorisés ( tu te rappelles les funambules du soir sur la place de l'église ?) et comme balancier je n'ai que mes bras, les pagaies qui plongent dans les eaux de mon cerveau les rapides et les fleuves impétueux...

en ce moment je me trouve à l'intérieur de mon cerveau
sur mon passage j'écarte les franges de fougères et d' herbes les feuilles de bananier
j'avance un peu inconsciemment sur les galets des fonds de rivière, attirée par un lac immense et bleu sombre, métallique et beau mais le lac aspire mon regard comme un gouffre sous les eaux plates et calmes ; attirée par le vertige et l'obscur je retiens mon souffle et me retient à des branches neuronales, terrifiée par le gouffre

un galet, une sorte de caillou ; je m'y asseois et je vois à l'horizon, au-delà du lac, un troupeau d'éléphants menés par des cornacs impavides
j'ai l'impression de me trouver à l'abri du squelette d'une baleine, tapissé de mousses et de sang
je sens comme des échanges invisibles de globules translucides, amibes océaniques ou méduses microscopiques -de celles qui dansent devant mes yeux quand je les ferme
et je me demande
comment il se fait qu'en ce monde bondé de miracles ou de pensées rationnelles, irrigué de prières ou de réseaux d'axones et de synapses, comment il se fait qu'au chevet de tant de guérisseurs, tant de cerveaux et de coeurs bredouillent encore dans le malheur, pêcheurs du dimanche lançant leurs mouches vers le vide et les trous d'eaux

16/03/2008 – 18/03/2008 Guilers
17:25 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cerveau
01.04.2008
Enigme - 01
« Qu’attendent-ils ces oiseaux sur un toit ? »
Alignés trois goélands regardent
En ordre font le guet
« Protègent-ils de semblables amants ?
Mais contre quel guerrier? »
Ils étaient trois -- lui seul est demeuré
Peut-être ces deux-là, là l’ont abandonné.
Un goéland sur le toit
Sur le toit gris de son ennui.
Les trois oiseaux qui n’étaient rien
Un à un vers la guerre sont envolés
Guerre du vent
--Restaient le toit la grille et ce pigeon,
celui-là aile apprivoisée.
(198 ?)
15:11 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : goeland, pigeon, ennui, envol







