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02.04.2008

cerveau-2

Je me demande
comment il se fait que de tant de matières,
se déplient se développent s'épanouissent ou se flétrissent des images ? des mots ? des abstractions ? Et comment s'incrustent dans les plis et replis du boa ou sous la voûte corticale les souvenirs sous forme d'images aussi qui ne sont plus qui ne sont rien qui ne sont ni bois ni pierre. Je me demande
alors je marche et je poursuis mon aventure
des flèches électriques et des petits bâteaux chimiques, des câbles, des filins, des mousses et des liquides, des membranes protectrices comme les mères-araignées...
je traverse en personnage minuscule ces territoires ou je joue les funambules motorisés ( tu te rappelles les funambules du soir sur la place de l'église ?) et comme balancier je n'ai que mes bras, les pagaies qui plongent dans les eaux de mon cerveau les rapides et les fleuves impétueux...

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en ce moment je me trouve à l'intérieur de mon cerveau
sur mon passage j'écarte les franges de fougères et d' herbes les feuilles de bananier
j'avance un peu inconsciemment sur les galets des fonds de rivière, attirée par un lac immense et bleu sombre, métallique et beau mais le lac aspire mon regard comme un gouffre sous les eaux plates et calmes ; attirée par le vertige et l'obscur je retiens mon souffle et me retient à des branches neuronales, terrifiée par le gouffreec5b5d4bb373d933b138e63a385e4f93.jpg

un galet, une sorte de caillou ; je m'y asseois et je vois à l'horizon, au-delà du lac, un troupeau d'éléphants menés par des cornacs impavides
j'ai l'impression de me trouver à l'abri du squelette d'une baleine, tapissé de mousses et de sang
je sens comme des échanges invisibles de globules translucides, amibes océaniques ou méduses microscopiques -de celles qui dansent devant mes yeux quand je les ferme
et je me demande
comment il se fait qu'en ce monde bondé de miracles ou de pensées rationnelles, irrigué de prières ou de réseaux d'axones et de synapses, comment il se fait qu'au chevet de tant de guérisseurs, tant de cerveaux et de coeurs bredouillent encore dans le malheur, pêcheurs du dimanche lançant leurs mouches vers le vide et les trous d'eaux
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16/03/2008 – 18/03/2008 Guilers

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Commentaires

Ravi de voir et de lire.
Je me souviens moi de funambules térriphériques sur la place du marché de Belprat en Ménez-Louar.
je suis parti en courant, tu devais être encore moult petiote.
J'aime beaucoup ; et la résurgence des cétacés dans les textes devient naturelle, elle souffle !! elle souffle !!!
puis elle sonde.
bises.

Ecrit par : olijulli | 07.04.2008

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