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18.03.2008
Persistance rétinienne
Certains jours je dépose mon cerveau sur la table et je le consulte.
(Ces jours-là, je me fabrique un visage d' hologramme et je poursuis ma vie sans crainte d'être démasquée.)
Dans les plis et replis du boa constrictor et gris je trouve des feuilles de papier à cigarettes job friables comme papier bible au toucher, des gauloises
et des bleuets
les fleurs-tonnerre préférées de mon grand père paternel. Lui, il longe les talus sur lesquels s'entêtent les bleuets
et de mon cerveau se déroulent comme les volutes de fumée des gauloises, les rêveries, les stupeurs et les colères de mon grand père dans ses égouts caniveaux de guerre et de boue
je trouve des cigognes
des pelotes de réjection
des scarabées dorés de type bousier
(je ne touche pas à ces insectes car ce sont des combattants ; ils luttent contre la prolifération des parasites porteurs de maladies en aérant le sol ; je les laisse donc là où ils sont)
je trouve
Abdelkader
Guillaume Tell
Michel Strogoff
Youri Gagarine
Dressé sur son cheval noir Abdelkader me regarde droit dans les yeux
Guillaume Tell campe face à Gessler et lui assure que sa seconde flèche aurait été pour lui
Michel Strogoff ne cille pas sous le sabre qui lui fend les yeux
et bien sûr au-dessus de la mêlée et des méandres
Youri Gagarine regarde de son premier regard
je tremble je me rends compte que mon coeur est mon cerveau et que mon estomac est mon cerveau et qu'il n'y a pas de coeur sec et froid et qu'il n'y a que flux et reflux de sang et de voyages électriques
quand mes doigts touchent par inadvertance des formes ovoïdes : je déplie une image puis une autre et se déroule la bande dessinée d'un amour lumineux, interdit et fracassé, très ancien et très pur comme un cheval arabe.
l'exercice est fascinant
j'extrait des encéphales les plus belles vignettes à l'aide d'une pince à épiler et je les colle dans un cahier
sauf le bousier
et une queue de lézard oubliée sur les dalles brûlantes de la plage du bourg
je reprends mon cerveau et le replace là où il doit être
avec dans les yeux les yeux de Grace Kelly dans Fenêtre sur cour de Hitchcock.
11-12/03/2008
15:23 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : cerveau, souvenir
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Commentaires
Je biche vraiment, ça étincelle- Bien dense, imagé, nerveux, tonique, éclats.
Scarabées j'imagine Beetle plus que collègue optère.
Kelly, j'imagine Gene, plus léger que grasse.
mais moi aussi gaga de rhine. Ho c'est russe.
et pour GPère au mégot collé, une grosse bises de la part du dernier poilu pacifié.
Ecrit par : Elia André Sikre | 18.03.2008
Martine .
Lorsqu'elle fut , sous François , ministre de je ne sais quoi , elle décréta que le masculin devait se traduire aussi au féminin .
Ainsi : Les mille et une nuits
devinrent
les mille et huns nuient .
A suivre .
Ecrit par : CARIOU | 01.04.2008







