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20.01.2008
Antarctique
Le monde que je connais est en sa fin
nous léguons ce que nous sommes, des humains
misérables et destructeurs
la plupart d'entre nous sont nourris de chose simples et n'aspirent pas
à la réalité de la guerre
s'accroupissent sur la terre pour sentir les herbes effleurer leurs fleurs secrètes
se réchauffent le dos au feu des cheminées ou des radiateurs et espèrent sentir bouger la kundalini de leur croupe à leur crâne
vont à pied acheter leur pain ou le pétrissent et le mangent
rêvent de conquérir leur vie sans trop de douleurs
aiment les douceurs amoureuses de leurs amants guerriers
au milieu du monde connu à feu et à sang au milieu du mépris
au dessus des icebergs et des ocelles de glace
l'albatros à sourcils noirs nous regarde
je fabrique autour de mon enfant des résilles et des voiles de mensonges
je ne veux pas la regarder chuter longer le fil au-dessus des précipices translucides
je lui invente de la joie et des rages auxquelles je ne crois plus
qu'elle avance les pieds rivés au sol -sous mes pieds, effondré
je lui montre les beautés blanches et les dentelles de la banquise comme si ce n'était pas déjà
un souvenir
je ligote mon enfant avec des filins des cordages des ficelles de l'acier
de pacotille, des mirages
nous léguons ce que nous sommes, des humains
misérables et lâches
la plupart d'entre nous n'ont jamais voulu
les réalités de la conquête des massacres des pillages
s'accroupissent et rêvent s'accroupissent et pissent une vapeur chaude sur les herbes vertes s'accroupissent kundalini déployée sur les sceptres de nos rois pacifiques
et jouissent de vivre
sans cadavres ni ventres ballonnés
jouissent de vivre et que vive ainsi ou autrement
chaque vivant
jusqu'à pour finir
environnés de frontières de barbelés de murs de cartons pour l'hiver
de sébilles en fer blanc d'ours polaires devenus fous
et de palais dorés, tombeaux de princes subterfuges
jusqu'à pour finir
serviles
s'accroupir pieds nus dans les champs de mots gollums bavards les ongles crochetés sur leur précieux maudissant les étoiles et l'albatros à sourcils noirs
qui nous regarde
Guilers 3/01/2008
12:23 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : antarctique
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Commentaires
L'araignée antarctique, spider-ours-podaire, porz-polère.
Kundalini- Je ne comprends pas mais ça à l'air très fort.
Tout se tient bien, bien lié ficelé.
Raiponce d'Arachné aux cheveux tissants, comme quoi le nombril voit très loin.
Ecrit par : Oil Huile Lien Vieux Jus | 21.01.2008
Superbe ! On dirait une chanson de Manset, en mieux (plus inventif). Et cette gourmandise à te lire !
Ecrit par : Ronan C | 23.01.2008







