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20.10.2007
Nina
Simplement le petit chat disparu. A fugué fusillée sous les taillis d’un chasseur le treillis. Pas de cadavre petit chat. Simplement disparu. Absents ses yeux fendus jaune ou vert asiatique. Absents les coups de museau, de front contre nos fronts nos joues nos doigts. Au milieu de la nuit ses réveils elle nous marchait dessus par dessus les draps tout le long des corps pour finir posée sur nos crânes de nuit. Simplement, plus de porte à ouvrir la nuit pour laisser galoper la chasseuse de la nuit et plus de rats des champs mulots lapins musaraignes taupes déposés à nos pieds au seuil de la cuisine cadeaux-cadavres à dénicher comme œufs de pâque. Revenue blessée crochetée par plus chasseur qu’elle une fois pas deux. Absente sa vivacité dans les escaliers, au bout d’un fil dans les herbes ses accélérations à la Zidane vers des proies invisibles à nous pauvres frères humains. Et ses poses de chat d’image de chat de métaphore d’allégorie de chat de symbole de chat d’égyptienne à fourrure de noblesse de chat, ses yeux fendus dans lesquels lire n’importe quoi, ce qu’il nous était nécessaire de lire quand elle se posait oiseau à fourrure sur n’importe quel tertre l’aristocrate des champs. Elle avait des pattes d’oies dessinées à même sa fourrure au coin des yeux comme femme maquillée pour sortir le soir, un peu femme fatale elle se la jouait tempérament orgueil et naturel, la séductrice des rues. Roulée en boule lovée vipère de chaleur douce endormie après les fugues les courses de nuit les craintes le cœur battant mais royal. Absence de son œil aux aguets de sa consolation allongée samovar de nos jambes à ne plus savoir d’où venait la chaleur de son ventre ou des nôtres ? La chapardeuse des cuisines qui raffolait de beurre et de crêpes que l’on avait appelée Nina en souvenir des caravelles de Christophe Colomb ! Pas de cadavre petit chat pas de larmes pas de trou où la rendre la reine d’Egypte ; simplement nos yeux secs en arpentant ses chemins au cas où, nos yeux secs qui fouillent les lèvres des talus en espérant qu’elle, en espérant tandis qu’elle agonise. Et que ce soit bien fini pour elle, ses yeux fendus vert d’algue fermés, fermés, fermés.
20 octobre 2007
à Laura et Franck
18:26 Publié dans Ecrits et Expérimentation , Littérature | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : chat
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Commentaires
Ce n'était certes qu'un chat, mais... Quel texte ! Je suis prêt à adopter des milliards de chats et à éternuer toutes les cinq minutes jusqu'à la fin de ma vie contre une autre pareille merveille !
Ecrit par : Ronan C | 20.10.2007
merci !
Ecrit par : anne | 21.10.2007
Je partage le commentaire de Ronan.
d'autant plus que j'ai eu l'occasion d'avoir Nina sur la tête en pleine nuit, de me lever irrité mais conquis par cette étonnante intimité animale.
Un bisou à Turbine, sa copine.
Ecrit par : Oreille juin Vil | 23.10.2007







