« Crime parfait | Page d'accueil | quotidien et parenthèses »
20.02.2007
La captive de Boukharie
Le temps fait oublier les douleurs, éteint les vengeances, apaise la colère et étouffe la haine ; alors le passé est comme s'il n'eût jamais existé.
Avicenne (Ibn Sinâ) 980-1037
Sur la route de Samarkand, autrefois
Se vendaient de la soie, des tissus, des couleurs.
A Boukhara, les oiseaux-de-feu dessinés sur les murs
Couvaient sous leurs ailes d'étranges mammifères.
Tout ici portait à la danse, aux chants et aux folles prières.
Seule, une femme, à genoux sur le sable
Retenait sa voix captive d'un talisman ;
on la croisait parfois aux heures déraisonnables
murmurant un nom qu'elle dédiait aux amants.
Il n'y eut guère de miracle
Ni à Samarkand, œil du monde ni ailleurs.
Les arcanes, les astres, les oracles
Avaient promis de l'amour -- et des fleurs![]()
Cependant nul oiseau-tambour ne vint livrer
Message des pierres bleues de Badakan.
Nul cavalier de l'ombre ne vint enivrer
La captive de Boukharie, Ouzbékistan…
Les princes qui passaient n'entendaient qu'un murmure
Et lui jetaient la pièce comme on lance une injure.
A ton tour homme gris tu frôlas cette femme ;
Et dans ses yeux ne vis pas, s'émerveiller la flamme.
Elle mourut alors d'avoir si bien rêvé
De nirvâna, d'amour bohème et ténébreux.
Elle rouvrit les paumes et baissa les paupières
Deux pierres bleues sur le sable roulèrent ;
Soudainement on vit deux oiseaux s'élever
Leur chant ce fut un nom, le tien, mystérieux
Guilers 26/03/2001
17:15 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poésie, femme, amour, voyage
Commentaires
Ca ferait une belle chanson
Pour Areski Belkacem,
Et Madame Fontaine,
Brigitte de son prénom,
poserait sans problème,
sa voix sur ces sons.
Ecrit par : Oilplant Julian | 03.03.2007
Bon anniversaire,
à n'ouvrir que dans 72 heures,
à la captive du Leon.
Ecrit par : Voilier île Juin | 03.03.2007







